La Guinée a officiellement ouvert, ce lundi 5 octobre 2026 au Palais du Peuple, la session ordinaire unique 2026-2027 de sa 10ᵉ législature. Devant les membres du gouvernement, des personnalités institutionnelles et plusieurs délégations parlementaires africaines, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a livré un discours d’ouverture consacré aux responsabilités des députés, au contrôle de l’action publique et au renforcement de la coopération parlementaire africaine.
La cérémonie a revêtu une forte dimension régionale avec la présence de délégations venues notamment du Mali, de la Guinée-Bissau, de la Côte d’Ivoire, de la Sierra Leone, du Sénégal, du Togo, du Gabon, du Liberia et du Parlement de la CEDEAO.
Pour Dr Dansa Kourouma, cette mobilisation traduit la vocation africaine de la Guinée et la nécessité de renforcer les échanges entre institutions législatives.
« La fraternité entre nos peuples demeure inébranlable. Elle est plus ancienne que nos traités et plus forte que nos frontières. Le panafricanisme n’est pas pour la Guinée une simple nostalgie : c’est une boussole », a-t-il déclaré.
Une seconde journée d’échanges entre parlementaires africains est annoncée afin de favoriser le partage d’expériences et de consolider la diplomatie parlementaire. Cette orientation rejoint l’appel à une coopération accrue entre les parlements du continent formulé lors de la cérémonie.
Le président de l’Assemblée nationale a également rendu hommage aux victimes des drames survenus durant l’intersession, notamment l’éboulement à la décharge de Dar-es-Salam, les inondations liées aux fortes pluies et les accidents de la circulation.
Tout en saluant les actions de secours et la solidarité nationale, il a appelé à dépasser les réponses ponctuelles pour s’attaquer aux causes structurelles.
« La compassion, bien qu’indispensable, ne saurait tenir lieu de politique. Lorsque de tels drames se répètent, la fatalité ne peut plus servir d’explication », a-t-il averti.
Cette question, a-t-il laissé entendre, devra également relever du contrôle parlementaire et de la responsabilité des institutions publiques.
Composée de 147 députés répartis entre 13 commissions permanentes et trois groupes parlementaires, la nouvelle Assemblée entend placer la rigueur, le travail législatif et le contrôle de l’action publique au cœur de son mandat.
Dansa Kourouma a insisté sur la nécessité de faire évoluer le contrôle parlementaire vers une évaluation plus concrète de l’action gouvernementale : vérifier non seulement la régularité des décisions et des dépenses publiques, mais également leurs résultats et leur impact sur les populations.
Il a ainsi appelé à une Assemblée « forte, moderne, ouverte, responsable et efficace », rappelant que les citoyens attendent désormais des résultats tangibles.
« Nos concitoyens attendent des actes concrets et non de simples promesses. […] Ce n’est pas le bruit de nos débats qui définira notre bilan, mais bien la portée de nos actes et la réalité de nos résultats. »
Autre point fort du discours : le rappel du caractère national du mandat parlementaire. Pour le président de l’Assemblée, chaque député doit dépasser les seules préoccupations de sa circonscription pour porter une vision de l’ensemble du pays.
« Le mandat qui nous est confié n’est pas une récompense, un titre honorifique, un marqueur social ou un privilège : c’est une charge, au sens le plus noble et le plus exigeant », a-t-il martelé.
Illustrant cette responsabilité, il a rappelé que le député de Boké représente également les citoyens de Nzérékoré, tout comme celui de Kankan doit se sentir concerné par les réalités de Labé ou de Kissidougou.
Trois exigences ont particulièrement été mises en avant : l’assiduité, le travail et la responsabilité.
« Un siège vide est une voix citoyenne qui s’éteint », a lancé Dr Dansa Kourouma, invitant les élus à être présents aussi bien en séance plénière qu’au sein des commissions, à examiner rigoureusement les textes et à mesurer les conséquences de chaque décision.
Cette rentrée parlementaire intervient dans le contexte de la mise en place des institutions de la Ve République, donnant à la 10ᵉ législature la responsabilité de traduire les nouvelles orientations institutionnelles en lois, en mécanismes de contrôle et en politiques publiques évaluables.
À travers son discours, le président de l’Assemblée nationale a donc fixé une ligne directrice : moins de promesses, davantage de travail, de contrôle et de résultats, tout en renforçant la coopération entre les parlements africains.
La nouvelle législature est désormais appelée à transformer ces engagements en actes, sous le regard des citoyens et dans un contexte où les attentes en matière de gouvernance, de représentation et d’efficacité de l’action publique demeurent fortes.
Aboubacar Moussa Camara









