Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma, a procédé, ce mardi 4 août 2026, au lancement officiel du Club des Financeurs de l’Entreprise Guinéenne, une nouvelle plateforme de concertation destinée à renforcer les liens entre les institutions financières et les petites et moyennes entreprises (PME) en quête de financement.

La cérémonie, organisée dans un complexe hôtelier de Conakry, a réuni un large éventail d’acteurs du secteur économique et financier, notamment des banques, des établissements de microfinance, des structures d’accompagnement, des fonds de garantie ainsi que des partenaires techniques et financiers engagés dans le financement des entreprises.

Dans son allocution, le ministre a présenté le Club comme un mécanisme appelé à instaurer un dialogue durable entre les entreprises, les institutions financières, les investisseurs, les mécanismes de garantie et les partenaires au développement.

« Il ne s’agit pas d’une structure administrative supplémentaire, mais d’un cadre permanent de concertation, de coordination et de recherche de solutions concrètes pour améliorer l’accès des entreprises au financement », a-t-il déclaré.

Aboubacar Kourouma a également salué la présence du Directeur de Cabinet de la Primature, lui demandant de transmettre les remerciements du département au Premier ministre Amadou Oury Bah. Selon lui, cette représentation traduit l’importance accordée par le gouvernement au développement du secteur privé, conformément à la vision du président Mamadi Doumbouya de bâtir une Guinée « souveraine, industrialisée, compétitive et créatrice d’opportunités ».

Le ministre a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le prolongement de la Semaine du Financement des Entreprises Guinéennes, dont l’édition 2026 a enregistré 1 166 participants, permis la signature de cinq conventions, le diagnostic et l’accompagnement de 50 PME, ainsi que la publication de la première cartographie nationale des instruments de financement.

Pour lui, ces résultats traduisent une dynamique nouvelle entre les entrepreneurs et les acteurs du financement, qu’il convient désormais de consolider à travers un mécanisme permanent.

Le patron du département de l’Industrie et du Commerce a insisté sur ce qu’il qualifie de principal paradoxe de l’économie guinéenne : d’un côté, des PME dynamiques et innovantes qui peinent à accéder aux financements, de l’autre, des institutions financières disposant de ressources mais confrontées à un manque de projets suffisamment structurés.

« Le fossé entre l’offre et la demande de financement n’est pas une fatalité. C’est un problème que nous pouvons résoudre ensemble », a-t-il affirmé.

Le Club des Financeurs aura ainsi pour mission de faciliter la rencontre entre ces deux univers, en présentant régulièrement aux établissements financiers des projets d’entreprises préalablement diagnostiqués, structurés et adaptés aux critères de chaque financeur.

Miser sur les PME pour réussir le programme Simandou 2040. Aboubacar Kourouma a également inscrit cette initiative dans la perspective du Programme Simandou 2040, présenté par les autorités comme un levier majeur de transformation économique.

Selon lui, le corridor de Simandou ne doit pas se limiter au transport et à l’exportation des ressources minières, mais devenir un véritable corridor de développement favorisant l’émergence d’activités industrielles, agricoles, commerciales, logistiques et de services.

Le ministre estime que les PME guinéennes doivent dès maintenant se préparer à saisir les opportunités générées par ce programme, notamment dans la sous-traitance, la construction, la maintenance, la logistique, l’agro-industrie, la transformation locale ainsi que la fourniture de biens et services.

Le ministre a fixé trois grandes missions au Club des Financeurs.La première consiste à industrialiser par le financement, en accompagnant les investissements dans des secteurs jugés stratégiques tels que l’agro-industrie, les emballages, la pharmacie ou encore les matériaux de construction.

La deuxième vise à formaliser et structurer les PME afin de les rendre davantage éligibles au crédit bancaire.

Le ministère prévoit, à travers l’Agence de Promotion des PME, de renforcer les programmes de formation, d’accompagnement et de préparation des entrepreneurs afin qu’ils disposent d’une comptabilité fiable, de plans d’affaires solides et de dossiers répondant aux exigences des établissements financiers.

Enfin, la troisième priorité porte sur l’amélioration de l’environnement des affaires.

Le Club servira également d’espace d’échanges où les banques et les autres institutions pourront faire remonter les difficultés rencontrées dans l’accès au crédit, notamment en matière de garanties, de foncier, de registre du commerce ou encore de délais administratifs.

S’adressant aux banques commerciales, aux institutions de microfinance, aux fonds de garantie, aux compagnies d’assurance et aux investisseurs privés, Aboubacar Kourouma a plaidé pour une implication active au sein du nouveau dispositif.

Le gouvernement, a-t-il assuré, ne sollicite pas un effort philanthropique, mais propose un partenariat gagnant-gagnant.

« En finançant nos PME et nos industries, vous financez la croissance de demain, vous diversifiez vos portefeuilles clients et vous participez à la construction d’un marché intérieur prospère », a-t-il lancé.

Le ministre a enfin insisté sur la vocation opérationnelle du Club des Financeurs, qu’il souhaite voir devenir « un laboratoire de solutions concrètes », capable de déboucher sur des levées de fonds, des signatures de conventions, le financement de projets structurants et la création d’emplois au bénéfice de l’économie guinéenne.

 

 

Aboubacar Moussa Camara