Quelques jours après la réception des anciens conseillers du Conseil national de la Transition (CNT) par le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, au palais Mohammed V, une autre catégorie d’anciens responsables de la Transition souhaite bénéficier de la même marque de reconnaissance.

À travers un plaidoyer, les anciens exécutifs communaux, notamment les présidents et vice-présidents des délégations spéciales, estiment avoir eux aussi accompli une mission républicaine au service de l’État. Ils sollicitent ainsi une audience avec le chef de l’État afin de recevoir, à l’image des anciens conseillers nationaux, les félicitations et les remerciements pour le travail accompli durant leur mandat.

Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, l’ancien vice-président de la délégation spéciale de Gbessia, Cheick Ahmed Tidiane Conté, revient sur cette initiative présidentielle et formule un appel à l’endroit du chef de l’État.

« Le président a posé un acte de reconnaissance »

Interrogé sur la réception des 81 anciens conseillers du CNT par le président de la République, Cheick Ahmed Tidiane Conté salue une démarche qu’il qualifie de profondément républicaine.

« Je pense que le président, depuis sa prise de responsabilité le 5 septembre, a toujours posé des actes à forte portée sociale. Nous avons suivi avec beaucoup d’attention sa rencontre avec les 81 anciens conseillers nationaux. C’est un geste de reconnaissance. À la fin d’une mission, il est normal qu’un chef d’État, en tant que père de la Nation et manager, remercie ceux qui ont contribué au fonctionnement des institutions. Le CNT a accompli un travail important tout au long de son mandat. Il était donc de son devoir de les féliciter et de leur témoigner sa gratitude. »

« Nous espérons être reçus à notre tour »

À la question de savoir s’il a été surpris de ne pas être associé à cette rencontre, l’ancien vice-président de la délégation spéciale de Gbessia préfère y voir le début d’un processus plutôt qu’une exclusion.

« Je pense que c’est un processus que le président a engagé. C’est pourquoi nous formulons, sous forme de plaidoyer, le souhait qu’il reçoive également les anciens exécutifs communaux des délégations spéciales, dans le même esprit de reconnaissance. Il ne s’agit pas de dire que nous devions être reçus en même temps que les anciens conseillers nationaux. Chaque étape a son importance. Mais nous espérons que les présidents de délégations spéciales sortants auront, eux aussi, l’opportunité d’être reçus par le président de la République afin d’être remerciés pour les services rendus durant plus de deux années de mission. »

Selon lui, cette reconnaissance serait un geste fort envers des responsables qui ont assuré le fonctionnement des collectivités locales dans un contexte de Transition.

« Notre expérience ne doit pas être oubliée »

Au-delà de cette demande de reconnaissance, Cheick Ahmed Tidiane Conté estime que les anciens responsables des délégations spéciales disposent d’une expérience qui pourrait encore être mise à profit dans le processus de développement local.

« Aujourd’hui, nous pouvons jouer un rôle de consultants auprès des nouvelles équipes communales. Cette démarche devrait concerner l’ensemble des 375 collectivités du pays. Les équipes sortantes ne doivent pas être reléguées aux oubliettes. Elles disposent d’une expérience précieuse qu’elles peuvent partager avec les nouveaux maires élus. Cela permettra d’assurer une meilleure continuité dans la gestion des collectivités. »

En guise de conclusion, il renouvelle son appel au chef de l’État.

« Depuis notre nomination jusqu’à la fin de notre mission, nous n’avons pas eu l’occasion de rencontrer le président de la République. Aujourd’hui que ce processus de reconnaissance est engagé, nous souhaitons qu’il se poursuive jusqu’aux anciens présidents et membres des délégations spéciales. Nous avons, nous aussi, servi la République et accompli la mission qui nous avait été confiée. »

 

 

 

Aboubacar Moussa Camara