L’activiste Bella Bah s’est expliqué ce lundi 17 août devant le Tribunal de première instance de Dixinn, dans le cadre des poursuites engagées contre lui pour des faits présumés d’injures et de diffamation par le biais d’un système informatique. Il est notamment poursuivi à la suite d’une publication visant le Premier imam de la Grande Mosquée de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara.

À la barre, Bella Bah a d’abord contesté les conditions dans lesquelles la procédure a été engagée, estimant qu’une simple convocation aurait dû lui être adressée. Il est également revenu sur son placement sous mandat de dépôt et son séjour à la Maison centrale de Conakry, une période qu’il affirme avoir particulièrement mal vécue.

« Logiquement, je ne devrais pas être là. J’aurais dû être convoqué simplement », a-t-il déclaré, avant de s’interroger sur la nécessité de son incarcération : « Quand on m’a mis sous mandat de dépôt, on m’a envoyé dans la cage des condamnés. Est-ce que je méritais tout ça ? »

Concernant la publication à l’origine des poursuites, l’activiste en reconnaît la paternité, tout en affirmant ne pas avoir anticipé la portée de ses propos. « J’ai fait la publication, je n’ai pas vu l’angle que ça allait prendre », a-t-il expliqué.

Bella Bah affirme avoir retiré la publication après avoir été alerté par des proches. Il dit aujourd’hui regretter certains propos, notamment en raison des interprétations qui en ont découlé.

Évoquant ses rapports avec Elhadj Mamadou Saliou Camara, il a indiqué connaître personnellement le Premier imam et échanger régulièrement avec lui de manière informelle. « Je connais l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara. On parle en off », a-t-il précisé.

L’activiste estime ainsi que ses propos ont été largement amplifiés au-delà de leur intention initiale. « Ce sont des poux qu’on cherchait sur ma tête », a-t-il lancé à la barre pour dénoncer ce qu’il considère comme une extrapolation de ses déclarations.

Bella Bah a également évoqué, à titre de comparaison, des situations survenues au Sénégal, où, selon lui, des propos qu’il juge plus sévères n’auraient pas donné lieu à des interpellations. « Au Sénégal, les mots plus graves ont été utilisés, mais ces citoyens n’ont jamais été interpellés », a-t-il soutenu.

Pour rappel, Bella Bah avait été placé sous mandat de dépôt le 13 août dernier après son passage devant le parquet du TPI de Dixinn. Son procès avait alors été annoncé pour ce lundi 17 août.

Cette affaire intervient dans un contexte particulier, puisque le Premier imam de la Grande Mosquée de Conakry avait publiquement appelé à la clémence en faveur de l’activiste et lui avait accordé son pardon.

Les débats et interrogatoires se poursuivent devant le Tribunal de première instance de Dixinn au moment de la mise en ligne de cet article.

 

 

Ledenonciateur224.com