Le Gouvernement guinéen a officiellement lancé, ce lundi 29 juin 2026, le Programme Eau et Assainissement en Guinée (PEAG), une initiative d’envergure destinée à répondre durablement aux défis liés à l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement dans le Grand Conakry.
Doté d’un financement global de près de 670 millions de dollars américains pour la période 2025-2031, ce programme constitue l’un des plus importants investissements jamais réalisés dans ce secteur stratégique en Guinée.
L’ambition des autorités est claire : renforcer les infrastructures hydrauliques, améliorer la qualité des services d’eau et d’assainissement, moderniser la gouvernance du secteur et offrir un meilleur cadre de vie à des millions de Guinéens.
« Une rupture historique », selon le ministre Aboubacar Camara
Prenant la parole lors de la cérémonie de lancement, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a qualifié ce projet de tournant majeur pour le pays.
« La Guinée, château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, ne pouvait plus accepter que sa capitale et ses grandes agglomérations continuent de connaître des difficultés persistantes d’accès à l’eau potable », a-t-il déclaré, soulignant la volonté des autorités de mettre fin à un paradoxe qui perdure depuis plusieurs décennies.
Le ministre a rappelé que les premières réflexions autour de ce vaste programme remontent au Forum national de l’Eau organisé en 2023, alors qu’il occupait les fonctions de directeur général de la Société des Eaux de Guinée (SEG). Depuis cette période, plusieurs missions techniques, négociations avec les partenaires financiers et études de faisabilité ont été menées afin de rendre le projet réalisable.
« Aujourd’hui, le PEAG représente près de 670 millions de dollars américains d’investissements mobilisés pour la période 2025-2031. Derrière ce chiffre, il y a trois années d’efforts ininterrompus, de négociations, de missions techniques et de persévérance. Nous avons dû convaincre, expliquer, reprendre, améliorer, défendre et parfois recommencer. Mais jamais nous n’avons abandonné », a expliqué Aboubacar Camara.
Le ministre a également rendu un hommage appuyé au ministre directeur de Cabinet de la Présidence, Djiba Diakité, saluant son implication dans la mobilisation des partenaires techniques et financiers ainsi que dans la concrétisation du projet.
Cinq composantes pour moderniser durablement le secteur
Présentant les grandes lignes du programme, le coordonnateur du PEAG, Arafan Bayo, a indiqué que le projet repose sur cinq composantes majeures :
l’amélioration des services d’approvisionnement en eau potable dans le Grand Conakry ;
les réformes institutionnelles du secteur ;
la gestion durable des ressources en eau ;
l’appui à la mise en œuvre et au suivi du programme ;
ainsi qu’une composante dédiée aux interventions d’urgence.
Selon lui, cette approche globale permettra non seulement d’améliorer les infrastructures, mais aussi de renforcer la gouvernance et l’efficacité des services publics liés à l’eau.
Plus de 2,6 millions de bénéficiaires directs
Le coordonnateur a annoncé que plus de 2,6 millions de personnes bénéficieront directement des retombées du programme.
« Nous conduirons ce projet avec transparence, redevabilité et exigence de résultats. Les populations du Grand Conakry attendent des résultats et nous ferons tout pour être à la hauteur de cette attente », a assuré Arafan Bayo.
Au-delà de l’extension des réseaux d’eau potable, le programme ambitionne également de réduire les inégalités d’accès aux services essentiels, d’améliorer les conditions sanitaires des populations et de renforcer la résilience des infrastructures face à la croissance démographique de la capitale.
La Banque mondiale mise sur un impact durable
Partenaire clé du programme, la Banque mondiale a salué une initiative qui, selon elle, produira des effets bien au-delà du seul secteur de l’eau.
Le représentant résident de l’institution en Guinée, Issa Diaw, a souligné que le PEAG contribuera à améliorer la santé publique, à créer des opportunités économiques et à renforcer le développement humain.
« Au-delà de l’accès à l’eau, ce sont des vies qui seront transformées et des opportunités économiques qui seront créées », a-t-il déclaré, précisant qu’environ 570 000 personnes bénéficieront d’un nouvel accès à l’eau potable grâce au programme.
Toutefois, le responsable de la Banque mondiale a insisté sur la nécessité d’assurer une gestion efficace des ouvrages qui seront réalisés.
« Trouver des financements est une étape importante. Construire les infrastructures l’est tout autant. Mais leur entretien et leur bonne gestion sont encore plus essentiels, car c’est cela qui garantit la pérennité du service public », a-t-il souligné.
Avec un investissement de près de 670 millions de dollars, le Programme Eau et Assainissement en Guinée (PEAG) apparaît ainsi comme un chantier stratégique pour le développement du Grand Conakry. Les autorités guinéennes espèrent qu’il permettra de répondre durablement aux difficultés d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement auxquelles sont confrontées les populations, tout en posant les bases d’un service public plus performant, plus moderne et plus durable.
Ledenonciateur224.com









