L’enquête ouverte par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) sur la gestion des fonds alloués au Conseil national de la transition (CNT) franchit un nouveau cap. Quelques jours après l’annonce de l’ouverture d’une enquête préliminaire visant le secrétaire général du CNT, Aboubacar Camara, ainsi que plusieurs autres cadres de l’institution, les investigations se renforcent avec le recours à une expertise financière de haut niveau.
Selon une source proche du dossier, le parquet spécial a requis, en plus de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et du Secrétariat général à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé, l’appui d’au moins trois inspecteurs des finances. Leur mission consistera à apporter une assistance technique et une expertise comptable afin d’éclairer les enquêteurs sur la gestion financière de l’institution.
D’après la même source, cette mission d’expertise portera notamment sur :
l’audit de la gestion financière et comptable de l’ancien Conseil national de la transition (CNT) ;
l’examen de l’exécution des ressources financières allouées au CNT depuis son installation, au regard de ses attributions, de son organisation et de son fonctionnement ;
la vérification de l’utilisation des fonds à travers les documents comptables et financiers disponibles ;
le contrôle des procédures de recrutement et du traitement salarial de l’ensemble des agents de l’administration parlementaire, sur la base du fichier de solde, depuis le début de la Transition ;
l’évaluation de la situation des biens matériels du CNT ainsi que de l’utilisation des subventions accordées dans le cadre de l’élaboration de l’avant-projet et du projet de la nouvelle Constitution ;
la production d’un rapport d’expertise destiné à déterminer, dans un délai raisonnable, l’ampleur des montants qui auraient, le cas échéant, été détournés ou utilisés à des fins personnelles au détriment de l’État.
Selon les informations recueillies, plus d’une dizaine de personnes sont visées par cette procédure d’enquête, au premier rang desquelles figure Aboubacar Camara, secrétaire général du CNT.
Les personnes concernées font l’objet d’investigations pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, blanchiment de capitaux, enrichissement illicite, faux et usage de faux en écritures publiques et privées, ainsi que complicité.
Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre de la gestion d’une enveloppe globale de 43 milliards de francs guinéens, correspondant à une prime spéciale de séparation accordée à la fin de la Transition. Ce montant se répartit entre 40,5 milliards de francs guinéens destinés aux conseillers nationaux du CNT au titre de leur prime de séparation et 2,5 milliards de francs guinéens alloués aux travailleurs de l’administration parlementaire sous forme d’une prime spéciale de récompense, en reconnaissance des contraintes liées à leurs fonctions et de leur contribution aux missions de l’institution.
L’enquête préliminaire se poursuit afin de déterminer si des irrégularités ont été commises dans la gestion de ces ressources publiques et d’établir, le cas échéant, les responsabilités des personnes impliquées.
Avec mediaguinee.org









