Le porte-parole du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Mohamed Ansa Diawara, a animé ce jeudi 17 juillet 2026 un point de presse consacré au bilan des examens nationaux, session 2026. À cette occasion, il a dressé un état des lieux des différentes évaluations organisées cette année, tout en mettant l’accent sur les importantes mesures prises pour lutter contre la fraude.

Selon lui, le département est actuellement dans la dernière phase du processus des examens nationaux, avec la finalisation des opérations de centralisation et de saisie des notes du baccalauréat unique.

Mohamed Ansa Diawara a rappelé que le ministère a organisé avec succès, cette année, les examens de sortie des écoles techniques et professionnelles, le Certificat d’études élémentaires (CEE), le Brevet d’études du premier cycle (BEPC), le baccalauréat unique ainsi que, pour la première fois dans l’histoire de la Guinée, les examens de sortie des centres d’apprentissage et de formation professionnelle post-primaire et post-secondaire.

Il a salué le bon déroulement de ces examens, qu’il attribue à la mobilisation des autorités administratives, des enseignants, des délégués de centres, des correcteurs, des partenaires, des forces de défense et de sécurité ainsi que des parents d’élèves. Au nom du ministre Alpha Bacar Bari, il a adressé des remerciements particuliers à la police et à la gendarmerie nationale pour leur implication dans la sécurisation des examens.

Le porte-parole a indiqué que la session 2026 marque, selon le ministère, « la restauration de l’autorité de l’État et de la crédibilité des examens nationaux ». Il a expliqué que, conformément à la vision du président de la République, le département a engagé une lutte de grande envergure contre toutes les formes de fraude.

Parmi les principales innovations de cette session figure le déploiement, pour la première fois, de détecteurs de métaux dans tous les centres d’examen afin d’empêcher l’introduction de téléphones portables et d’autres moyens de communication interdits.

Parallèlement, les services compétents ont mené un important travail de renseignement ayant permis d’infiltrer, d’identifier et de démanteler plusieurs réseaux organisés de fraude opérant sur des plateformes numériques telles que WhatsApp, Messenger et Signal. Ces réseaux étaient notamment impliqués dans la diffusion illicite de sujets d’examen, de corrigés et dans la coordination des manœuvres frauduleuses.

Les investigations ont conduit à l’interpellation de nombreux candidats, enseignants et complices. Selon Mohamed Ansa Diawara, 80 personnes ont déjà été déférées devant les juridictions compétentes, dont 24 candidats, 18 enseignants et 38 personnes extérieures, parmi lesquelles des étudiants. Il a également précisé qu’à Kindia, huit personnes ont déjà été jugées et condamnées.

Le ministère a aussi fait état de nombreuses sanctions disciplinaires. Au CEE, 13 surveillants ont été éliminés. Au BEPC, 22 candidats et 63 surveillants ont été sanctionnés. Au baccalauréat unique, 125 candidats et 85 surveillants ont été éliminés pour fraude ou complicité de fraude.

En outre, 750 téléphones portables ont été saisis au BEPC et au baccalauréat. Le ministère a également relevé de leurs fonctions 12 délégués et 5 chefs de centre pour des faits de légèreté dans l’exercice de leurs responsabilités.

Conformément au règlement général des examens nationaux, les enseignants et cadres sanctionnés seront exclus de toute participation à l’organisation des examens pendant une période de trois ans, tandis que les élèves éliminés seront interdits de participation aux deux prochaines sessions des examens nationaux.

Au total, le ministère fait état de 147 candidats, 161 surveillants, 12 délégués et 5 chefs de centre éliminés pour fraude, complicité, laxisme ou manquements graves à la réglementation. Quatre cadres ont également été mutés et un inspecteur régional suspendu pour légèreté.

Le porte-parole a également révélé qu’un nombre important d’absences a été enregistré au cours des différents examens.

Face au volume élevé de cas de fraude recensés dans certaines localités, notamment Kankan, Macenta, Forécariah, Siguiri et Kéniéba, le ministère a décidé de soumettre l’ensemble des copies provenant de ces zones à un audit approfondi.

Les téléphones saisis feront également l’objet d’analyses afin d’identifier tous les auteurs et complices des réseaux de fraude. Les équipes techniques examineront minutieusement les copies pour détecter d’éventuelles similitudes anormales, des reproductions de corrigés-types ou tout autre indice révélant une fraude organisée à partir de contenus diffusés sur les réseaux sociaux.

Selon le ministère, toute copie présentant des indices sérieux de fraude sera soumise à une expertise approfondie. Les candidats dont la fraude sera formellement établie s’exposeront aux sanctions prévues par les textes en vigueur.

Mohamed Ansa Diawara a enfin rassuré les candidats et leurs familles que les opérations de centralisation, de vérification et de traitement des résultats du baccalauréat unique se poursuivent dans le strict respect des procédures afin de garantir des résultats « crédibles, transparents et incontestables ».

Il s’est également félicité de la publication des résultats du CEE, du BEPC ainsi que des examens de sortie des écoles professionnelles, estimant que ces avancées témoignent des efforts déployés par le département pour renforcer la crédibilité du système éducatif guinéen.

 

 

Aboubacar Moussa Camara