La situation devient de plus en plus préoccupante pour les supporters guinéens et pour le Syli National. Alors que la Guinée mise essentiellement sur l’homologation du stade Général Lansana Conté de Nongo pour accueillir ses rencontres internationales, l’apparition de fissures dans plusieurs bâtiments environnants ainsi que sur certaines ruelles suscite de vives inquiétudes.
Invité ce mardi dans l’émission « Les Grosses Têtes » sur Radio Tropical FM, le géologue Mamadou Diawara a livré une analyse détaillée du phénomène observé dans la zone de Kiroti, qu’il considère comme un secteur à risque élevé. Selon lui, les fissures constatées pourraient être les premiers signes d’un mouvement de terrain dont les conséquences pourraient dépasser le seul périmètre actuellement touché.

« C’est là où la colline s’affaisse, là où il y a des conditions de moindre résistance, que le phénomène se produit. Cela doit être l’épicentre, c’est-à-dire le point de départ. Mais si ce mouvement atteignait son paroxysme, beaucoup de quartiers pourraient être affectés. Toutefois, ce genre de phénomène commence toujours quelque part.
Pour s’en assurer, c’est maintenant qu’il faut mobiliser des équipes multidisciplinaires. Les ministres qui se sont rendus sur les lieux le 7 juin, notamment le ministre des Mines et celui de l’Habitat, ont pris une décision responsable en demandant aux habitants dont les bâtiments sont fortement endommagés de quitter les lieux, en attendant la mise en place d’équipes chargées d’étudier la situation.
Moi, en tant que géologue, si vous me demandez aujourd’hui d’aller à Kiroti, avec ma boussole et mon GPS, je commencerais par relever les coordonnées de chaque fissure et mesurer leur orientation. Une fois toute la zone cartographiée, il existe des logiciels capables de déterminer la direction prédominante du mouvement du terrain. Si, par exemple, les résultats indiquaient une direction est-ouest, cela signifierait que le mouvement s’effectue de l’ouest vers l’est. Dans ce cas, tous les habitants situés à l’est de cette zone devraient redoubler de vigilance.
Parallèlement, les géophysiciens et les hydrogéologues devront mener leurs propres investigations. Combien de forages existe-t-il à Kiroti ? Quel volume d’eau est pompé quotidiennement ? Quelles sont les réserves de la nappe phréatique ? Une fois toutes ces données analysées, il sera possible de déterminer si les forages constituent des facteurs aggravants. Mais, selon moi, ils ne sont pas la cause principale du phénomène. »
Le stade de Nongo au cœur des inquiétudes.
L’une des principales préoccupations concerne désormais l’avenir du stade Général Lansana Conté de Nongo. Pour Mamadou Diawara, les mouvements de terrain observés dans la zone pourraient également affecter cette infrastructure sportive stratégique pour le football guinéen.
Le spécialiste estime qu’il est impératif de suspendre temporairement certaines activités afin de permettre la réalisation d’études approfondies.
« Concernant le stade Général Lansana Conté de Nongo, je ne dirais pas que la situation est regrettable, mais elle est inquiétante. Pendant que tout le monde s’active pour obtenir l’homologation du stade, des fissures sont déjà visibles à son entrée.
Que faut-il faire maintenant ? Il faut suspendre les travaux et les activités le temps de mener des études sérieuses. Mais même si ces études sont réalisées, elles n’arrêteront pas le mouvement, car il s’agit d’un processus naturel déjà engagé.
Je voudrais rappeler un élément important : la zone de Kiroti, où se trouve aujourd’hui le stade, avait été réservée à l’époque du premier régime pour l’implantation d’une raffinerie, notamment en raison de sa proximité avec la mer. La question que je me pose aujourd’hui est la suivante : des études géotechniques et hydrogéologiques approfondies avaient-elles été réalisées pour ce projet de raffinerie ? Heureusement, ce n’est pas une raffinerie qui y a été construite, mais un stade. »
Ces déclarations relancent le débat sur la stabilité géologique de la zone de Kiroti et sur la nécessité d’évaluations scientifiques rigoureuses. Alors que le stade Général Lansana Conté représente l’un des principaux espoirs de la Guinée pour retrouver l’organisation de compétitions internationales à domicile, les conclusions des futures expertises seront particulièrement attendues.
Cette version conserve l’esprit et les propos de l’intervenant tout en renforçant l’angle journalistique, la contextualisation et l’enjeu lié au stade.
Aboubacar Moussa Camara









