Après le lancement officiel du recrutement de nouveaux agents de l’État, le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a animé ce mardi 29 septembre 2026 un point de presse consacré aux contours de cette vaste opération.
À travers ce recrutement, le gouvernement entend maîtriser les effectifs et la masse salariale, renouveler les compétences et moderniser la gestion des carrières dans l’administration publique. Le processus, prévu en deux phases, cette année et l’année prochaine, concerne plusieurs départements prioritaires.
Les besoins exprimés concernent notamment :
– La Santé, avec le recrutement de médecins spécialistes et d’autres agents de santé ;
– L’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, notamment des professeurs agrégés et titulaires de doctorat (PhD) ;
– L’Assainissement, l’Hydraulique et les Hydrocarbures, pour des recrutements sous statut de contractuels ;
– La Justice et les Droits de l’Homme, avec des besoins en magistrats et greffiers ;
– L’Éducation nationale et l’Enseignement technique, pour renforcer les effectifs des enseignements élémentaire et secondaire.
Pour Faya François Bourouno, cette campagne doit également contribuer au rajeunissement et à une meilleure représentation des femmes dans la Fonction publique.
Le ministre rappelle que l’ouverture des concours, dans le respect des critères légaux et de l’âge limite prévu par la loi, doit offrir davantage d’opportunités aux jeunes.
Il souligne par ailleurs une progression de la représentation féminine. Selon lui, la proportion de femmes fonctionnaires est passée de 27 % avant le 5 septembre 2021 à 31 % aujourd’hui, une évolution qu’il considère comme une avancée importante.
Le ministre a également détaillé les différentes étapes du processus. Tout commence par l’identification des besoins par les ministères sectoriels, sur la base des postes disponibles et des compétences recherchées.
Ces besoins font ensuite l’objet d’un examen budgétaire avec le ministère du Budget. Une fois la soutenabilité financière établie, le projet est présenté en Conseil interministériel puis en Conseil des ministres, avant le lancement du recrutement sur instruction du Chef de l’État.
Pour les enseignants-chercheurs, Faya François Bourouno précise qu’il ne s’agit pas d’un concours classique en salle. Les candidatures sont examinées sur dossier, avec une vérification des diplômes, des normes requises, notamment celles du CAMES, et des publications scientifiques.
Le ministre rappelle toutefois qu’une admission ne signifie pas automatiquement une titularisation. Les agents recrutés doivent effectuer au moins une année de stage probatoire, au terme de laquelle une évaluation déterminera leur titularisation ou non.
Le gouvernement veut également renforcer l’évaluation des agents publics. Selon Faya François Bourouno, une administration moderne doit être orientée vers la performance, avec une évaluation annuelle basée sur les objectifs assignés à chaque agent.
Cette démarche doit s’appuyer sur des fiches de poste et des référentiels clairement définis, afin de mieux mesurer les résultats et l’efficacité des agents.
Le ministre a enfin rappelé les principaux piliers de cette opération : égalité des chances, transparence, mérite, territorialisation, digitalisation et lutte contre la fraude.
Le recrutement ne sera pas centralisé uniquement à Conakry. Les opérations se dérouleront également à l’intérieur du pays, avec l’objectif de renforcer les services publics locaux.
La digitalisation doit, quant à elle, couvrir l’ensemble du processus, des candidatures aux épreuves, afin de limiter les risques de fraude. Les autorités annoncent également une surveillance renforcée contre les réseaux d’escroquerie, avec l’implication des procureurs et de l’ANSI.
À travers cette réforme, le gouvernement affiche ainsi l’ambition de bâtir une Fonction publique plus jeune, plus féminisée, plus performante et davantage fondée sur le mérite, tout en renforçant le contrôle et la transparence dans les recrutements.
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