Les impressionnantes fissures apparues ces derniers mois dans le quartier Nongo Tady, situé dans la commune de Lambandji à Conakry, pourraient avoir une origine bien plus profonde qu’un simple vieillissement des infrastructures. C’est la principale conclusion du rapport technique établi par la mission d’expertise dépêchée par le ministère des Mines et de la Géologie à l’issue de plusieurs investigations menées sur le terrain.
Selon ce document, les nombreuses fissures observées sur les habitations, les murs de clôture ainsi que certaines voies d’accès seraient étroitement liées à un phénomène géologique connu sous le nom de « subsidence ». Il s’agit d’un affaissement progressif du sol provoqué par la diminution du volume des couches souterraines qui assurent naturellement le soutien du terrain.
Les experts indiquent que leurs investigations ont permis de recenser au moins dix-sept forages d’eau concentrés sur une superficie estimée à seulement huit hectares. Une densité particulièrement élevée qui suscite de vives préoccupations chez les spécialistes.
« L’exploitation intensive des eaux souterraines pourrait entraîner une baisse significative de la pression dans les aquifères », souligne le rapport. Cette diminution de pression peut provoquer une compaction progressive des couches géologiques souterraines, entraînant à terme des mouvements du terrain en surface.
Les observations réalisées sur le site semblent corroborer cette hypothèse. Les fissures recensées à Nongo Tady présentent en effet plusieurs caractéristiques typiques d’un phénomène de subsidence : elles sont multidirectionnelles, évolutives et atteignent par endroits jusqu’à huit centimètres d’ouverture. Dans plusieurs concessions, des bâtiments montrent également des signes visibles d’affaissement, de désalignement ou de déformation structurelle.
L’analyse technique met également en évidence une répartition inégale des dégâts. Certaines constructions apparaissent beaucoup plus touchées que d’autres. Selon les experts, cette situation s’explique notamment par la diversité des types de fondations, la qualité variable des matériaux de construction ainsi que les particularités géologiques propres à chaque secteur du quartier. Cette disparité constitue un indice supplémentaire en faveur de mouvements irréguliers du sous-sol.
Le rapport mentionne par ailleurs l’existence d’une ancienne carrière de graviers dans la zone concernée. Bien que cet élément puisse contribuer à accentuer certains désordres observés, les spécialistes estiment qu’il ne constitue pas, à lui seul, l’origine principale du phénomène. De même, l’hétérogénéité des techniques de construction employées dans le quartier pourrait amplifier les conséquences des mouvements de terrain sans en être la cause fondamentale.
Face à une situation qui suscite de fortes inquiétudes parmi les habitants, la mission d’expertise recommande la réalisation d’études géotechniques, géophysiques et hydrogéologiques approfondies afin d’identifier avec davantage de précision les mécanismes responsables des fissurations. Les experts préconisent également l’installation d’un système permanent de surveillance permettant de suivre l’évolution des mouvements du sol et d’anticiper d’éventuels risques pour les populations.
Pour les spécialistes du ministère des Mines et de la Géologie, la compréhension du comportement des nappes souterraines est désormais au cœur de l’explication de ce phénomène préoccupant. Les conclusions définitives dépendront toutefois des investigations complémentaires qui devront être menées dans les prochains mois.
En attendant, le rapport appelle les autorités, les opérateurs et les populations à faire preuve de vigilance et à promouvoir une gestion plus rigoureuse des ressources en eaux souterraines dans cette partie de la capitale, afin de prévenir une aggravation des dommages déjà constatés.
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