Le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a franchi un nouveau cap dans sa politique de refondation économique en annonçant, ce vendredi, une réforme majeure du secteur aurifère guinéen. Réunis à Conakry, les responsables des sociétés minières opérant dans l’exploitation de l’or ont été informés d’une décision historique : l’interdiction prochaine de l’exportation de l’or brut et l’obligation de raffiner désormais toute la production aurifère sur le territoire national.

Face aux acteurs du secteur, le Chef de l’État a adopté un ton particulièrement ferme, présentant cette orientation comme une décision souveraine destinée à mettre fin à des décennies de perte de valeur ajoutée et à inscrire définitivement la Guinée sur la voie de l’industrialisation.

« Je suis venu vous dire une vérité. Pas pour vous consulter, pas pour négocier, mais pour vous dire une vérité d’État », a déclaré le Général Mamadi Doumbouya, rappelant l’engagement pris par les autorités de la Transition de transformer les richesses naturelles du pays en véritable levier de développement pour les populations.

Mettre fin au paradoxe de la richesse et de la pauvreté

Dans un discours sans concession, le Président de la République a dénoncé un système économique qu’il juge défavorable à la Guinée, malgré son immense potentiel minier.

Selon lui, pendant plusieurs décennies, l’or guinéen a quitté le pays à l’état brut pour être raffiné, certifié et valorisé à l’étranger, privant ainsi l’économie nationale d’importantes retombées financières, industrielles et sociales.

« Chaque jour, notre or quitte le sous-sol guinéen à l’état brut. Il est transporté vers des raffineries étrangères où il est transformé, certifié et valorisé. Pendant ce temps, la Guinée ne perçoit qu’une partie infime de la richesse créée », a-t-il regretté.

Pour le Chef de l’État, cette situation constitue une injustice économique qui ne peut plus être tolérée dans un pays dont les ressources naturelles figurent parmi les plus importantes du continent africain.

La raffinerie Nimba Gold Refinery, symbole d’une nouvelle ère

Le Président Doumbouya a également annoncé l’entrée en service imminente de la raffinerie Nimba Gold Refinery, présentée comme l’un des projets industriels les plus ambitieux du secteur aurifère africain.

Cette infrastructure, appelée à jouer un rôle central dans la nouvelle stratégie minière nationale, permettra à la Guinée de transformer localement son or avant son exportation vers les marchés internationaux.

« L’or guinéen sera fondu en Guinée, certifié en Guinée et valorisé en Guinée », a affirmé le Chef de l’État, soulignant sa volonté de faire du pays un acteur à part entière de la chaîne de valeur mondiale de l’or.

À travers cette initiative, les autorités entendent favoriser la création d’emplois qualifiés, renforcer les compétences nationales et accroître les recettes générées par l’industrie minière.

Tolérance zéro pour les contrevenants

Le Président de la République a ensuite adressé un message sans ambiguïté aux compagnies minières.

À partir de l’entrée en vigueur de cette nouvelle orientation, toute exportation d’or brut sera proscrite. Les opérateurs seront tenus de faire raffiner leur production à Conakry avant toute expédition à l’étranger.

« L’exportation de l’or brut sera formellement et définitivement interdite », a averti le Général Mamadi Doumbouya.

Le Chef de l’État a précisé que les entreprises qui ne respecteraient pas cette mesure s’exposeraient à de lourdes sanctions, pouvant aller de la suspension des agréments miniers à la remise en cause des conventions d’exploitation, voire à des poursuites devant les juridictions compétentes.

« Il n’y aura ni exception, ni négociation, ni retour en arrière », a-t-il insisté.

Un message de fermeté, mais aussi d’ouverture aux investisseurs

Tout en affichant sa détermination, le Président guinéen a tenu à rassurer les investisseurs étrangers sur la volonté du pays de maintenir un climat favorable aux partenariats économiques.

Il a rappelé que la Guinée reste ouverte aux capitaux et aux entreprises qui respectent ses lois, ses priorités stratégiques et ses intérêts nationaux.

Évoquant les grands projets en cours à Simandou, Boffa et Boké, le Chef de l’État a souligné que la transformation engagée doit désormais produire des bénéfices concrets pour les populations guinéennes.

« Une conscience nationale éveillée ne se négocie pas à la table des intérêts particuliers », a-t-il affirmé.

Une réforme au cœur de la vision Simandou 2040

Pour le Général Mamadi Doumbouya, cette décision dépasse largement le seul secteur aurifère. Elle s’inscrit dans la vision de développement portée par le programme Simandou 2040, présenté comme la feuille de route destinée à transformer durablement l’économie guinéenne.

Le Président a qualifié cette réforme d’« industrialisation irréversible » de la République de Guinée, estimant qu’elle permettra aux générations futures de bénéficier pleinement des richesses du pays.

« Le monde doit comprendre que l’Afrique ne se contentera plus d’exporter sa pauvreté sous forme de richesses brutes », a-t-il déclaré sous les applaudissements de plusieurs participants.

Faire profiter les populations des retombées minières

En conclusion, le Chef de l’État a replacé cette réforme dans une perspective sociale, affirmant que les ressources minières doivent désormais contribuer directement à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Évoquant les populations des principales zones aurifères du pays, notamment Siguiri et Kouroussa, il a insisté sur la nécessité de transformer la richesse minière en infrastructures, en emplois et en services publics.

« La femme de Siguiri mérite que l’or extrait de sa terre contribue à construire des écoles, des hôpitaux et des routes en Guinée. Le jeune de Kouroussa mérite un emploi dans une usine guinéenne plutôt que de regarder passer des camions chargés de richesses qui ne changent rien à son quotidien », a-t-il déclaré.

Par cette annonce, le Président Mamadi Doumbouya envoie un signal fort aux opérateurs miniers : la Guinée entend désormais maîtriser davantage la chaîne de valeur de ses ressources naturelles et faire de leur transformation locale un pilier essentiel de son développement économique et industriel.

Ce titre fonctionne particulièrement bien pour la presse en ligne car il combine impact, autorité et enjeu économique majeur, tout en mettant immédiatement en avant la décision phare du Chef de l’État.

 

 

AMC