Conakry, 14 juillet 2026 – Dans le cadre des programmes communautaires de sensibilisation à la sécurité routière, le Club des Amis du Monde (CAM), en collaboration avec l’Agence Guinéenne de la Sécurité Routière (AGUISER), a organisé ce mardi 14 juillet 2026 un important atelier de plaidoyer visant à mobiliser les autorités guinéennes en faveur d’une participation active de la République de Guinée à la réunion de haut niveau des Nations Unies consacrée à l’amélioration de la sécurité routière, prévue les 20 et 21 juillet 2026.

Cette rencontre a réuni un large éventail d’acteurs concernés par les enjeux de la sécurité routière, notamment des transporteurs, des conducteurs, des leaders communautaires, des représentants de la société civile, des experts ainsi que plusieurs partenaires institutionnels. L’objectif était d’élaborer un plaidoyer commun afin que la Guinée participe de manière effective aux discussions internationales portant sur la réduction des accidents de la route et la protection des usagers.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le président du Club des Amis du Monde (CAM), Aboubacar Sylla, a insisté sur l’importance stratégique de cette rencontre préparatoire, soulignant que la présence de la Guinée au rendez-vous des Nations Unies constitue un impératif.

« C’est avec un profond sentiment de responsabilité et un réel espoir que je prends la parole au nom de l’ONG Club des Amis du Monde à l’occasion de cet important atelier de plaidoyer préparatoire à la conférence de haut niveau sur la sécurité routière. Au-delà de cet atelier, notre démarche porte un message simple, clair et solennel : la République de Guinée doit être pleinement et dignement représentée à cette importante rencontre. Cette réunion stratégique aura lieu les 20 et 21 juillet 2026 aux Nations Unies. Notre pays doit y faire entendre sa voix, partager ses réalités, présenter ses priorités et défendre les solutions dont nos populations ont besoin. »

Selon lui, cette conférence dépasse largement le cadre d’une simple rencontre institutionnelle.

 

« Une conférence de ce niveau constitue un espace de décision, de coopération et de mobilisation où peuvent se construire des engagements, des partenariats et des soutiens capables d’accélérer la prévention des accidents et la protection de tous les usagers de la route. »

 

Le président du CAM a également salué les efforts des autorités guinéennes, de l’AGUISER, des partenaires techniques et financiers, des experts ainsi que des organisations de la société civile pour leur engagement autour d’une problématique qui touche chaque famille.

Pour Aboubacar Sylla, la sécurité routière doit désormais être considérée comme une véritable priorité nationale.

« La sécurité routière ne doit plus être considérée comme une simple question de circulation ou d’infrastructure. Elle constitue un véritable enjeu de santé publique, de développement économique, de protection sociale et de respect des droits humains. Derrière chaque accident de la route, il y a une vie interrompue, une famille endeuillée, un enfant privé de soutien, une personne confrontée à un handicap, une communauté fragilisée et une économie qui supporte des coûts considérables. »

 

S’appuyant sur les données techniques disponibles, il a indiqué qu’un programme complet d’investissements dans le secteur routier pourrait permettre de réduire d’environ 36 % le nombre de décès et de blessés graves, faisant passer les estimations annuelles de 991 à 634 victimes.

 

Pour atteindre ces résultats, le CAM plaide notamment pour le renforcement de la gouvernance de la sécurité routière, une meilleure coordination entre les départements ministériels concernés, l’amélioration de la collecte des données, la sécurisation des établissements scolaires ainsi qu’un renforcement de l’application des règles de circulation, notamment contre les excès de vitesse, la conduite sous l’influence de l’alcool et les autres comportements dangereux.

 

Le président du CAM a enfin lancé un appel aux autorités afin qu’une délégation guinéenne de haut niveau participe activement au sommet des Nations Unies.

 

« Nous demandons respectueusement aux autorités de prendre toutes les dispositions nécessaires afin que la République de Guinée participe effectivement à la conférence de haut niveau sur la sécurité routière. Cette participation ne doit pas être symbolique. Nous plaidons pour une présence de haut niveau, active, préparée et orientée vers les résultats, portée par une délégation nationale multisectorielle capable de présenter les progrès accomplis, les difficultés rencontrées ainsi que les projets prioritaires de notre pays. »

De son côté, le directeur général de l’Agence Guinéenne de la Sécurité Routière, Thierno Barry, a salué l’engagement constant du Club des Amis du Monde dans la promotion de la sécurité routière en Guinée.

Selon lui, l’atelier ne constitue pas une simple formalité administrative, mais une étape importante dans l’élaboration d’un document national crédible, inclusif et fondé sur des données fiables.

« Cette rencontre n’est pas un exercice formel. Elle vise à produire un document national, inclusif, fondé sur des données fiables et à arrêter des engagements mesurables pour agir vite et ensemble. La sécurité routière est une question de vie, de dignité, de santé publique et de développement économique. Derrière chaque chiffre, il y a une personne, une famille et une communauté. Nous devons agir en amont à travers l’éducation, la prévention, la formation, le contrôle, des infrastructures plus sûres et une meilleure prise en charge des victimes. »

Le directeur général de l’AGUISER a rappelé que le Gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, place la protection des citoyens et la modernisation du secteur des transports parmi ses priorités, à travers la mise en œuvre de la Stratégie nationale de sécurité routière 2026-2030.

Il a précisé que le rapport national présenté à la conférence internationale devra mettre en évidence aussi bien les progrès réalisés que les défis persistants, notamment en matière de gouvernance, de prévention, de réglementation, de contrôle, d’information, de qualité des infrastructures, de fiabilité des données et de prise en charge des victimes.

Le responsable de l’AGUISER a également identifié les principaux facteurs d’accidents en Guinée : les excès de vitesse, la consommation d’alcool, l’utilisation du téléphone au volant, le non-port du casque et de la ceinture de sécurité, la surcharge des véhicules, la vétusté du parc automobile ainsi que la vulnérabilité des piétons, des motocyclistes et des enfants.

Enfin, il a rappelé que cette dynamique nationale s’inscrit dans les objectifs internationaux de la Décennie d’action pour la sécurité routière 2021-2030, dont l’ambition est de réduire de moitié le nombre de décès et de traumatismes liés aux accidents de la circulation d’ici à 2030. La contribution de la Guinée, a-t-il indiqué, s’appuiera sur les engagements de la Déclaration de Marrakech de février 2025 et accompagnera les ambitions nationales de développement, notamment dans la perspective du projet Simandou 2040.

À travers cet atelier, les organisateurs espèrent ainsi voir la Guinée porter une voix forte sur la scène internationale et obtenir des partenariats susceptibles d’accélérer la mise en œuvre de politiques publiques efficaces pour sauver davantage de vies sur les routes du pays.

 

 

 

Aboubacar Moussa Camara