Le ministre secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Karamo Diawara, a présidé, ce samedi 17 octobre 2026, à la grande mosquée Roi Mohammed VI d’Entag, la cérémonie officielle de lancement des centres de formation des imams et des sages de la commune de Tombolia. Cette initiative, portée par le secrétaire communal des Affaires religieuses, Elhadj Abdoulaye Kaba, ambitionne de renforcer les compétences religieuses de 400 bénéficiaires, tout en promouvant l’éthique, la responsabilité et la cohésion sociale.
La formation des responsables religieux constitue un enjeu majeur pour la transmission des valeurs islamiques, l’encadrement des fidèles et la consolidation du vivre-ensemble. C’est dans cette perspective que la commune de Tombolia franchit une nouvelle étape avec le lancement officiel de ses centres de formation destinés aux imams et aux sages.
La cérémonie, qui a mobilisé de nombreux acteurs religieux ainsi que plusieurs cadres et personnalités, s’inscrit dans la dynamique de refondation engagée en Guinée, notamment à travers le renforcement des capacités et la formation des citoyens, y compris ceux qui n’ont pas eu la possibilité de suivre un parcours scolaire classique.
À travers cette initiative, les responsables entendent offrir aux imams un cadre d’apprentissage adapté à leurs responsabilités, en mettant l’accent sur la bonne conduite de la prière, la lecture correcte du Coran, sa compréhension et le respect des principes religieux. L’objectif est également de les sensibiliser aux comportements à adopter dans l’exercice de leurs fonctions, afin de préserver la dignité et la crédibilité des responsables religieux.
Prenant la parole au nom du secrétaire communal des Affaires religieuses de Tombolia, Elhadj Abdoulaye Kaba, son secrétaire administratif a livré un discours mettant en avant la portée sociale, éducative et religieuse de cette initiative.
D’entrée de jeu, il a présenté cette cérémonie comme un moment important pour la commune, appelant les participants à en mesurer toute la portée historique.

« Aujourd’hui, nous vivons un grand jour, car les grands événements ne viennent pas tous les jours. Mais quand le Bon Dieu nous donne la chance de les vivre, nous avons l’obligation de les inscrire dans les annales de l’histoire. Et le grand événement que nous vivons aujourd’hui s’inscrit parfaitement dans cette logique », a-t-il déclaré.
S’adressant au ministre secrétaire général des Affaires religieuses et à sa délégation, il a exprimé sa reconnaissance pour leur présence, qu’il considère comme un signal fort de l’intérêt accordé par les autorités à la formation et à l’inclusion.
« Votre présence, ainsi que celle de l’ensemble des cadres de rang supérieur ici réunis, honore notre initiative. Elle traduit non seulement votre engagement sans faille pour la formation et l’inclusion, mais aussi un signe fort que l’État, à travers vous, se préoccupe du sort de ces milliers de Guinéens qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école ou de pousser leurs études », a-t-il souligné.
Au-delà de la cérémonie de lancement, le représentant du secrétaire communal a insisté sur la nécessité de faire de la formation un instrument d’émancipation et de développement. Pour lui, le projet de Tombolia dépasse le simple cadre de l’enseignement religieux et repose sur une vision plus large de la société.
« Aujourd’hui, nous ne lançons pas seulement des salles de formation. Nous lançons un projet de société, un projet fondé sur quatre piliers qui se tiennent : la religion, la formation, l’État et le développement », a-t-il affirmé.
Développant cette approche, il a rappelé la place centrale de la religion dans la transmission des valeurs morales et citoyennes.
« La religion, boussole de nos valeurs. En Guinée, la religion est au cœur de tout. L’islam et le christianisme nous enseignent le respect, la discipline, l’honnêteté et le goût de l’effort. Dans nos centres, chaque apprenant est d’abord formé à devenir un bon citoyen, car nous croyons qu’une compétence sans morale est dangereuse », a-t-il expliqué.
Pour les initiateurs du projet, la formation constitue ainsi un levier essentiel pour améliorer les compétences des responsables religieux, mais également pour consolider leur rôle dans la société.
Au cœur de cette initiative figure un programme de formation qui prévoit la mise en place de cinq centres répartis dans les 14 zones de la commune de Tombolia. Selon les responsables du projet, quelque 400 sages et imams sont concernés par ce dispositif.
L’ambition est de leur permettre d’acquérir ou de renforcer les connaissances nécessaires à l’exercice de leurs responsabilités religieuses, notamment en matière de lecture du Coran, d’interprétation des textes sacrés et de respect des prescriptions islamiques.
« À travers nos cinq centres répartis dans les 14 zones de notre commune, nous allons former 400 sages et imams. Nous allons leur apprendre à lire correctement, à interpréter le Coran et à se comporter selon les principes religieux », a précisé le secrétaire administratif.
Il a également insisté sur l’importance de la formation dans le développement des communautés, estimant qu’elle contribue à rendre les citoyens plus autonomes et mieux préparés à participer à la construction nationale.
« Car un peuple formé est un peuple libre. Un peuple formé est un peuple qui produit, qui innove et qui construit », a-t-il martelé.
Cette démarche entend ainsi concilier l’acquisition des connaissances religieuses, la transmission des valeurs morales et la responsabilisation des acteurs communautaires.
Présidant la cérémonie, le ministre secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Karamo Diawara, a exprimé sa satisfaction face à cette initiative locale. Il a salué une démarche qui, selon lui, contribue au rayonnement de l’islam en République de Guinée et au renforcement des compétences des responsables religieux.
Dans son intervention, le ministre a particulièrement mis en avant la nécessité de concilier le respect dû aux anciens avec les exigences liées à l’exercice des fonctions religieuses, notamment la direction de la prière.

« Je suis très comblé de joie de voir ce développement dans le cadre du rayonnement de l’islam en République de Guinée à travers le secrétariat communal des Affaires religieuses de Tombolia », a-t-il déclaré.
Pour Elhadj Karamo Diawara, la formation envisagée s’inscrit dans une démarche de conformité aux prescriptions divines et à la tradition prophétique. Il a rappelé que les générations actuelles ont le devoir de reconnaître les efforts des anciens qui ont contribué à transmettre les enseignements de l’islam.
« Comme l’a dit le secrétaire communal, nous devons être reconnaissants à nos sages, à nos papas et aux grandes personnalités qui nous ont montré l’islam », a-t-il souligné.
Le ministre a toutefois relevé les difficultés que peuvent rencontrer certains responsables religieux âgés dans l’accomplissement de tâches nécessitant une maîtrise précise des textes et des récitations coraniques, notamment la sourate Al-Fatiha, récitée au cours de la prière.
Il a ainsi défendu une approche conciliant la reconnaissance envers les anciens et la nécessité de garantir une bonne pratique religieuse.
« Même si la formation ou l’orientation divine ne leur permet pas, à ce jour, de diriger les prières, il faut chercher d’autres méthodes qui puissent faire en sorte que nous-mêmes soyons reconnaissants envers leurs efforts », a-t-il expliqué.
Poursuivant son intervention, il a évoqué le parcours de ces aînés qui ont contribué à former plusieurs générations de fidèles et de personnalités, même lorsque les circonstances ne leur permettent plus d’assumer certaines responsabilités.
« Les chers papas qui ne peuvent pas aujourd’hui lire la Fatiha conformément à la révélation sont ceux qui ont donné les cours à certains docteurs aujourd’hui », a-t-il rappelé.
Pour le ministre, il ne s’agit donc pas d’opposer les générations, mais plutôt de trouver une voie permettant de préserver la dignité des anciens tout en répondant aux exigences de la pratique religieuse.
« La reconnaissance ne doit pas nous permettre de violer cette tradition du prophète Mohammed, paix et salut sur lui. Et pour respecter les deux ensemble, c’est là où l’idée de formation et la création de ce centre est venue », a-t-il conclu sur cette question.
Cette orientation donne à l’initiative de Tombolia une dimension particulière : celle d’une formation qui ne se limite pas à l’acquisition de connaissances, mais qui cherche également à préserver les liens intergénérationnels et à renforcer la qualité de l’encadrement religieux.
Pour assurer la qualité des enseignements, plusieurs formateurs de haut niveau, dont des docteurs, ont été mobilisés afin d’accompagner les imams et les sages dans leur apprentissage.
Leur mission consistera à transmettre les connaissances nécessaires aux bénéficiaires pour leur permettre d’assumer leurs responsabilités avec davantage de maîtrise, de rigueur et de discernement.
Cette mobilisation de compétences universitaires et religieuses traduit la volonté des initiateurs de doter les centres d’un encadrement approprié et de proposer une formation répondant aux besoins des bénéficiaires.
Toutefois, la mise en œuvre durable du programme nécessite également des moyens humains, matériels et financiers à la hauteur des ambitions affichées.
C’est dans ce contexte qu’Elhadj Abdoulaye Kaba a formulé des recommandations à l’endroit des autorités, sollicitant leur accompagnement financier afin de soutenir les formateurs, notamment ceux qui viennent de loin pour dispenser les enseignements.
Cet appui est présenté comme un facteur important pour encourager les intervenants, faciliter leur déplacement et garantir la continuité des activités pédagogiques.
Au-delà de Tombolia, les initiateurs souhaitent donner à cette expérience une portée plus large. Le secrétaire administratif a ainsi lancé un appel aux autorités, aux cadres et aux opérateurs économiques pour qu’ils accompagnent le projet et contribuent à son développement.
« Monsieur le ministre, chers cadres, chers opérateurs économiques, je lance ici un appel. Accompagnez-nous, faisons de ce projet pilote un programme national », a-t-il exhorté.
Cet appel traduit l’ambition des responsables communaux de faire de la formation des imams un modèle susceptible d’être reproduit dans d’autres localités du pays.
Dans son discours, le représentant d’Elhadj Abdoulaye Kaba a également exprimé sa reconnaissance envers les autorités nationales, en évoquant la place accordée à la formation, aux infrastructures sociales et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Il a notamment déclaré : « Nous sommes également reconnaissants de l’engagement du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, qui a compris que développer un pays, c’est d’abord donner de l’espoir à sa jeunesse, de la dignité à ses sages et des soins à ses malades. »

Il a poursuivi en soulignant les efforts engagés dans différents secteurs : « Sous son leadership, des hôpitaux sont réhabilités, des écoles sont construites et des centres de formation comme celui-ci voient le jour pour ne laisser personne de côté. »
Pour les responsables de Tombolia, l’enjeu est désormais de consolider les acquis de cette initiative, de mobiliser les ressources nécessaires et de garantir aux bénéficiaires un apprentissage de qualité.
Le lancement de ces centres marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités religieuses communales de renforcer les capacités des imams et des sages. En misant sur la formation, les initiateurs entendent améliorer la qualité de l’encadrement religieux, promouvoir une conduite exemplaire et consolider la place des responsables religieux dans la préservation de la paix sociale.
À travers cette initiative, Tombolia ambitionne de démontrer que la transmission des connaissances religieuses, le respect des anciens et l’amélioration des compétences peuvent aller de pair.
La réussite du projet dépendra toutefois de la régularité des formations, de la qualité de l’encadrement pédagogique et de la disponibilité des ressources nécessaires à son fonctionnement.
En attendant, le lancement officiel des cinq centres ouvre une nouvelle perspective pour les 400 sages et imams concernés, avec l’espoir de renforcer leurs compétences et de faire de la formation un instrument durable au service des communautés.
Une ambition résumée par les quatre piliers défendus par les initiateurs : la religion comme boussole des valeurs, la formation comme moteur des compétences, l’État comme acteur d’accompagnement et le développement comme destination commune.
Aboubacar Moussa Camara









