Le Général Amara Camara, Ministre secrétaire général et porte-parole de la Présidence de la République, a présenté les grandes lignes de l’action présidentielle pour l’exercice 2025, lors de l’émission « L’Heure du Bilan » diffusée sur la RTG. Au-delà des réformes structurelles engagées sous l’impulsion du Chef de l’État, cet exercice de reddition de comptes s’est surtout attaché à expliquer l’utilisation des 815 milliards de francs guinéens (GNF) alloués à l’institution présidentielle, répartis entre fonctionnement, interventions sociales et investissements stratégiques.
Une exécution budgétaire guidée par la discipline et l’efficacité. L’objectif affiché pour 2025 était clair : concilier la mise en œuvre des orientations présidentielles avec une gestion rigoureuse des deniers publics. En sa qualité d’ordonnateur délégué du budget, le Général Amara Camara a détaillé la ventilation de cette enveloppe, exécutée autour de quatre axes majeurs : le personnel, les biens et services, les transferts et l’investissement.
Sur les 815 milliards GNF, environ 194 milliards ont été consacrés aux dépenses de personnel, 354 milliards aux biens et services, 90 milliards aux transferts et 175 milliards aux investissements.
« L’ensemble nous a permis effectivement de réaliser de grandes missions. On ne pourra pas dire que c’était suffisant pour nos moyens, mais nous avons pu faire l’essentiel avec », a souligné le ministre.
Une part importante des dépenses de transfert et des moyens logistiques a été mobilisée pour faire face aux urgences sociales. Le porte-parole de la Présidence a notamment évoqué l’accompagnement continu des 3 689 ménages affectés par l’incendie du dépôt de carburant de Kaloum, à travers des mesures de soutien direct.
Parallèlement, l’État a avancé sur le règlement du contentieux foncier de Kaporo-rails, Kipé 2 et Dimesse, un dossier longtemps sensible. Une opération d’indemnisation et de relogement a été engagée grâce à la mobilisation d’environ 200 hectares de terres de la SONAPI.
« Les 600 premiers titres fonciers ont déjà été remis. Dans les semaines à venir, nous allons achever le reste afin de rendre cette justice sociale attendue », a précisé le ministre.
Ces efforts ont été renforcés par des programmes appuyés par la Banque mondiale et le FMI, notamment à travers le projet NAFA et les mécanismes de réponse aux chocs alimentaires, touchant des milliers de ménages vulnérables à travers le pays.
Sur le plan institutionnel, la restructuration de l’Administration et Contrôle des Grands Projets (ACGP), combinée à la mise en place d’un « laboratoire d’experts », a permis de rationaliser les dépenses publiques.
« Pour la période de janvier à juin 2025, cette rigueur a permis de générer environ 700 milliards GNF d’économies pour l’État », a-t-il affirmé, se disant confiant quant aux bénéfices globaux attendus en fin d’exercice.
Dans la même dynamique, le regroupement des régies financières et sociétés d’État placées sous tutelle ou supervision présidentielle — SOGUIPAMI, LONAGUI et SONAP — a permis de reverser près de 656 milliards GNF au Trésor public.
Mines, Simandou et perspectives de souveraineté économique. Le Général Amara Camara est également revenu sur les avancées majeures dans le secteur minier, notamment la fixation du prix de référence de la bauxite, qui a contribué à consolider les chiffres d’affaires et à générer pour l’État des recettes estimées à 2,1 milliards de dollars.
L’année 2025 aura surtout marqué un tournant décisif dans le projet Simandou, avec un changement de paradigme en faveur des intérêts nationaux. La Guinée détient désormais 15 % de participation non contributive et non dilutive, tout en étant actionnaire dans l’ensemble des infrastructures du projet.
« Les revenus issus de Simandou pourraient représenter à terme entre un tiers et deux tiers du budget national de développement », a-t-il indiqué, évoquant la création d’un Fonds souverain pour sécuriser et pérenniser ces ressources.
Infrastructures et capital humain au cœur des priorités
Sur le plan des infrastructures, la Présidence annonce la livraison prochaine de 2 500 bureaux à la cité administrative de Koloma, l’achèvement de la première phase de rénovation de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré, ainsi que le lancement de nouveaux dépôts de carburant à Boké et Forécariah, afin de sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays.
Le capital humain n’a pas été en reste. Le bilan de l’ASCAD fait état de 4 316 jeunes formés, avec un taux d’insertion professionnelle de 61 %, un résultat jugé encourageant.
Des avancées notables, mais des défis persistants
Tout en défendant la gestion des 815 milliards GNF, le Ministre secrétaire général de la Présidence reconnaît que les attentes des populations demeurent fortes, notamment en matière d’éducation, de santé et d’infrastructures routières.
« Nous avons eu pour la Présidence les moyens de notre mission. Mais quand on regarde l’ampleur des chantiers, 800 milliards GNF, ce n’est pas suffisant pour tout faire », a-t-il conclu avec nuance.
Aboubacar Moussa Camara









