À Addis-Abeba, lors du 39e sommet de Union africaine organisé en Éthiopie, le président guinéen Mamadi Doumbouya a prononcé sa toute première allocution à la tribune continentale. Un discours dense, volontariste, marqué par un appel clair : passer des déclarations aux actions concrètes.
Devant ses homologues, le chef de l’État a exhorté les dirigeants africains à répondre aux attentes pressantes des populations, en inscrivant leurs engagements dans des transformations tangibles.
« Nos peuples attendent des résultats concrets »
Dans une intervention empreinte de fermeté, le président guinéen a rappelé l’exigence croissante des citoyens africains :
« Ils attendent de nous non seulement des déclarations, mais surtout des transformations tangibles dans leur quotidien : l’accès à l’énergie, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la dignité économique. »
Il a souligné que la Guinée a déjà engagé une dynamique profonde de repositionnement diplomatique, économique et institutionnel. Pour lui, la clé réside dans une équation simple mais structurante :
« Il n’y a pas de souveraineté politique durable sans souveraineté économique. »
Dans cette logique, il a insisté sur la nécessité pour les États africains de maîtriser stratégiquement leurs ressources naturelles, humaines et technologiques afin d’assurer un développement réellement inclusif.
S’appuyant sur les atouts du continent — jeunesse dynamique, abondance de ressources naturelles, potentiel agricole immense et capacité d’innovation croissante — le président a proposé trois priorités majeures pour accélérer la transformation africaine.
Industrialisation et transformation locale
Il a dénoncé la dépendance persistante à l’exportation brute des matières premières :
« L’exportation de nos matières premières sans valeur ajoutée ne peut plus être la norme. »
L’industrialisation et la transformation locale apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour créer de la valeur, des emplois et renforcer l’autonomie économique.
Intégration économique et infrastructures
Routes, chemins de fer, énergie, numérique : selon lui, sans interconnexion réelle, les économies africaines resteront fragmentées, malgré l’existence de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Produire africain, transformer africain, commercer africain : tel est le triptyque qu’il a proposé pour faire émerger un véritable marché continental intégré.
Capital humain et intelligence artificielle
Enfin, le président guinéen a placé le capital humain au cœur de la compétitivité future du continent :
« L’éducation, la formation technique, la science, l’innovation et désormais l’intelligence artificielle doivent devenir les piliers de notre compétitivité collective. »
Une vision qui inscrit l’Afrique dans les dynamiques technologiques mondiales, en misant sur sa jeunesse comme moteur de croissance.
Le chef de l’État a assuré que la Guinée s’inscrit pleinement dans cette ambition panafricaine à travers un programme de transformation socio-économique de long terme. L’objectif affiché : bâtir une économie diversifiée, créatrice d’emplois, respectueuse de l’environnement et appuyée sur des institutions stables et crédibles.
Mais au-delà du cadre national, il a insisté sur l’interdépendance des destins africains :
« Aucune réussite nationale durable ne peut se construire en dehors d’une Afrique forte, stable et intégrée. »
Il a ainsi plaidé pour un panafricanisme fondé sur des projets concrets, des investissements structurants, la solidarité économique et la sécurité collective.
En conclusion, le président guinéen a rappelé la portée historique des décisions prises aujourd’hui :
« Nous avons l’opportunité de faire entrer l’Afrique dans une nouvelle phase : celle de la transformation, de la souveraineté assumée et de la prospérité partagée. »
Un appel à la responsabilité collective, lancé depuis Addis-Abeba, où l’Afrique institutionnelle s’est une nouvelle fois retrouvée face à ses défis — mais aussi à ses immenses promesses.
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