Le compte à rebours est lancé pour Soriba Soumah. Poursuivi devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour un présumé détournement de deniers publics portant sur plus de 12 milliards de francs guinéens, le Directeur général du Centre national de formation sociale appliquée Jean-Paul II connaîtra le verdict de son procès le 29 juin prochain.
L’audience tenue ce lundi 15 juin 2026 à la Chambre de jugement de la CRIEF a marqué une étape décisive dans cette affaire. Les débats ont été entièrement consacrés aux réquisitions du parquet spécial et aux plaidoiries des différentes parties, avant la mise en délibéré du dossier.
Placée sous mandat de dépôt depuis près de deux mois, l’ancien gestionnaire de cet Établissement public à caractère administratif (EPA) a été confronté tout au long de la procédure à une même exigence : justifier l’utilisation des fonds publics mis à la disposition de l’institution.
Face au tribunal, Soriba Soumah a tenté de démontrer la régularité de sa gestion en revenant sur l’historique des budgets alloués au centre et sur les dépenses engagées dans le cadre de son fonctionnement. Une argumentation qui n’a cependant pas convaincu le ministère public, encore moins les avocats représentant l’Agent judiciaire de l’État.
Dans des réquisitions particulièrement sévères, le parquet spécial a demandé la condamnation de Soriba Soumah à dix ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de 50 millions de francs guinéens. Le ministère public a également sollicité la confiscation de ses biens, estimant que les éléments du dossier justifient une sanction exemplaire.
Son coaccusé, Ismaël Traoré, prestataire impliqué dans la fourniture de matériels destinés aux travaux de rénovation du centre, n’a pas non plus échappé à la rigueur du parquet.
À son encontre, une peine de cinq ans de prison ainsi qu’une amende de 25 millions de francs guinéens ont été requises.
Avant la clôture des débats, Soriba Soumah a été invité à prendre la parole pour son ultime déclaration. Dans un ton empreint d’émotion, il a rejeté les accusations portées contre lui et plaidé sa bonne foi.
« Je suis victime de ma bonne foi. Tout ce que j’ai eu à faire, c’était pour le bon fonctionnement de notre institution. Je n’ai jamais eu l’intention de détourner un centime de l’État à mon profit. Je m’en remets à la volonté de Dieu », a-t-il déclaré devant la Cour.
Après plusieurs heures d’audience, les juges ont décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le verdict très attendu sera rendu le 29 juin prochain, une date qui s’annonce déterminante pour l’avenir judiciaire de Soriba Soumah et de son coaccusé.
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