Une affaire datant de près de 30 ans, impliquant la somme de 69.166.529 dollars américains, est actuellement jugée à la Cour de Répression des Infractions économiques et Financières (CRIEF). Plusieurs anciens ministres sont poursuivis pour des accusations de « faux et usage de faux en écriture publique » et « abus de confiance ». Les audiences, cependant, se déroulent dans un climat tendu et tumultueux.
Le lundi 17 février 2025, l’audience a été suspendue et reportée au 3 mars 2025 après un « quiproquo » sévère entre les avocats de la défense et de la partie civile, Me Teninké Touré et Me Mohamed Traoré. Les échanges violents ont perturbé l’ordre des débats, poussant le juge à intervenir. Ce n’était pas la première fois que des incidents similaires surviennent, notamment lors de la comparution de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Dr. Ousmane Kaba, également impliqué dans ce dossier.
Lors de cette session, deux anciens ministres de la Pêche sous le régime de Lansana Conté, Mansa Moussa Sidibé et Boubacar Barry, ont comparu. Tous deux ont plaidé non coupable des charges qui pèsent contre eux. Mansa Moussa Sidibé, qui a été ministre entre 1999 et 2002, a nié toute implication dans la signature des accords en question, soulignant qu’il n’avait pas vu la convention cadre avec la Chine, ni celle concernant la société Bankina Pêche. Cette dernière l’accuse d’avoir perçu une redevance de 3 millions de dollars après l’expropriation de sa licence au profit d’un accord-cadre avec la Chine signé en 1997.
Boubacar Barry, ministre de la Pêche de 1996 à 1999, a également rejeté les accusations. Selon lui, la société Bankina Pêche était l’une des nombreuses entreprises opérant dans les eaux guinéennes, et il a affirmé que toute l’affaire concernant la société chinoise et l’accord n’avait jamais soulevé de problème à l’époque. Il a exprimé sa frustration face à la situation, soulignant qu’il avait servi son pays loyalement et qu’il ne s’était jamais imaginé être confronté à une telle affaire.
Ce procès, qui implique des hauts responsables du passé, continue de tenir l’attention de l’opinion publique, alors que le pays attend de connaître l’issue de cette affaire vieille de près de trois décennies.
N’sira Sylla








