Alors que l’émotion est encore vive au sein de la communauté judiciaire, le Parquet Général près la Cour d’Appel de Conakry a enfin réagi publiquement dans la nuit du lundi 23 juin 2025 à l’affaire qui bouleverse le pays : l’enlèvement et les actes de torture infligés à l’ancien bâtonnier, Me Mohamed Traoré. Dans un communiqué officiel, le procureur général Fallou Doumbouya a exprimé sa « profonde consternation » face à un acte d’une gravité inédite.
Selon les premiers éléments recueillis, Me Traoré aurait été enlevé à son domicile par des individus non identifiés, conduit vers un lieu inconnu, puis violemment agressé physiquement et moralement. Le communiqué est sans ambiguïté :« Ces événements portent atteinte à la dignité humaine et à la sécurité des avocats, ce qui suscite une réaction légitime au sein de la communauté judiciaire. »
Face à la gravité des faits, le Parquet Général affirme avoir agi immédiatement. L’ordre aurait été donné au procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn, juridiction compétente, d’ouvrir une enquête approfondie dès la réception de l’information :« Dès qu’il en a été informé, le Parquet Général a agi le même jour, conformément à ses responsabilités. »
Cette déclaration intervient après l’Assemblée générale extraordinaire convoquée par le Barreau de Guinée le jour même à la Cour d’appel, où les avocats ont dénoncé unanimement les violences subies par leur confrère et exigé des garanties de sécurité pour l’ensemble de la profession.
Le Parquet dit avoir pris acte de cette mobilisation et des décisions qui en ont découlé :« Le Parquet Général a pris acte des résolutions adoptées par l’Assemblée générale extraordinaire du Barreau de Guinée, tenue ce lundi 23 juin 2025 dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry. »
Dans un souci de maintenir le dialogue institutionnel, le Parquet affirme rester ouvert aux échanges avec le Barreau, tout en précisant ses conditions d’accueil :« Pour des raisons de décorum judiciaire, le Parquet Général n’est pas en mesure de recevoir simultanément tous les avocats dans son bureau en raison de leur nombre. »
Il propose donc une solution intermédiaire :« Il se dit toutefois disposé à rencontrer une délégation restreinte du Conseil de l’Ordre pour poursuivre les échanges dans un cadre approprié. »
En conclusion, le Parquet Général appelle à la cohésion de la famille judiciaire et à la préservation des institutions face à cette crise :« Dans ce contexte difficile, le Parquet Général affirme sa solidarité au Barreau et rappelle que la justice ne tolérera aucune violence contre ses membres. Il appelle à l’apaisement et au respect des procédures légales pour garantir l’intégrité de la justice et de la République. »
Si cette déclaration officielle marque une prise de position attendue, elle n’efface pas la frustration exprimée plus tôt par les avocats, notamment suite au refus de réception du Barreau par le procureur général dans la matinée, sans demande écrite préalable.
Reste désormais à savoir si cette main tendue suffira à désamorcer la crise croissante entre le Barreau et les institutions judiciaires, alors que l’affaire Me Mohamed Traoré révèle une fracture inquiétante dans l’appareil judiciaire guinéen.
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