Une nouvelle zone de turbulence s’ouvre dans le dossier d’Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba. Entre urgence médicale, contestation juridique et conditions de détention décriées, ses avocats tirent la sonnette d’alarme et engagent un bras de fer judiciaire.
Selon Me Lancinet Sylla, son client souffre d’une hernie de la ligne blanche à un stade avancé, nécessitant une prise en charge médicale urgente. D’après lui, cette pathologie, diagnostiquée depuis longtemps, s’est aggravée au point de devenir critique.
Un collège médical dépêché récemment à la prison civile de Coyah aurait recommandé son transfert vers un environnement médicalisé, capable d’assurer une intervention rapide en cas d’urgence. Les conclusions des médecins sont sans équivoque : l’état de santé de Toumba serait incompatible avec son maintien dans cet établissement pénitentiaire.
« La santé de Toumba Diakité est fébrile (…) il souffre d’hernie de la ligne blanche et c’est la phase terminale qu’il est en train de traverser », a alerté son avocat Me Lancinet Sylla au micro de nos confrères de Africaguinee.com, pointant également l’absence d’infrastructures sanitaires adéquates à la prison civile de Coyah. L’absence d’infirmerie et de services médicaux de proximité constituerait, selon la défense, un risque direct pour sa vie.
Malgré cette situation préoccupante, ses conseils décrivent un homme « mentalement fort », mais profondément affecté par son transfèrement, qu’ils jugent irrégulier. Me Facinet Sylla dénonce ainsi une décision « en dehors de toute norme légale », affirmant qu’aucun document officiel ne justifie ce déplacement depuis la Maison centrale de Coronthie vers Coyah.
La défense affirme avoir demandé, sans succès, la production d’un acte de l’administration pénitentiaire justifiant ce transfèrement. Pour les avocats, cette absence de base légale remet en cause la validité même de la détention actuelle de leur client.
Sur le plan judiciaire, une procédure en référé pénal a été engagée devant le tribunal de première instance de Coyah. L’objectif : contester les conditions de détention et obtenir soit la libération de Toumba, soit sa réintégration à la Maison centrale de Coronthie.
S’appuyant sur les dispositions du Code de procédure pénale, la défense soutient que toute détention doit reposer sur une décision judiciaire régulière. À défaut, elle estime que la situation de leur client est « irrégulière, arbitraire et illégale ».
L’affaire, désormais entre les mains de la justice, a été mise en délibéré. La décision est attendue le 24 mars 2026, une échéance qui pourrait marquer un tournant décisif dans ce dossier sensible.

Au-delà des enjeux juridiques, c’est désormais la question humanitaire qui s’impose avec acuité. L’état de santé jugé « préoccupant » de Toumba Diakité place les autorités face à une responsabilité immédiate : concilier impératifs judiciaires et urgence médicale.

 

AMC