À la suite de la décision du tribunal de première instance de Kaloum, qui a déclaré « sans suite » la plainte déposée par l’homme d’affaires Alexandre Zotov contre l’ancien ministre des Mines Ahmed Kanté, une conférence de presse s’est tenue ce vendredi 13 juin à la Maison commune des journalistes, à Conakry.
Accompagné de son avocat, Me Alkhaly Mohamed Touré, Alexandre Zotov a exprimé son incompréhension et sa déception face au jugement. Selon ses déclarations, l’affaire concerne un projet minier initié et entièrement financé par ses soins, à travers sa société ABC, dans lequel Ahmed Kanté aurait joué un rôle de consultant.

Lors de la conférence, Me Touré a exposé les raisons qui ont conduit à la plainte initiale, mais aussi à l’appel contre le jugement du tribunal correctionnel de Kaloum. Il affirme que M. Zotov, à travers ses sociétés, est le seul initiateur et bailleur de fonds du projet. Ahmed Kanté, de son côté, avait été sollicité pour son expertise en tant qu’ancien cadre de la SOGUIPAMI.
Cependant, selon la partie plaignante, Ahmed Kanté aurait profité de son accès aux données du projet pour détourner ce dernier à son profit. À son retour d’un voyage en Chine, M. Zotov aurait découvert, à sa grande surprise, que le projet avait été repris sous une nouvelle structure – la société ZIC – dans laquelle il n’était plus impliqué. Me Alkaly Mohamed Touré évoque une manœuvre orchestrée par Kanté, qui aurait induit en erreur les partenaires chinois en leur faisant croire qu’il agissait pour le compte de la société ABC, supposée appartenir à Zotov.
« M. Kanté a créé une nouvelle société dans la précipitation, prétendant agir pour sauver le projet. Il a signé un nouvel accord sans l’aval de mon client, faisant croire qu’il représentait la société ABC, dont M. Zotov est pourtant l’unique actionnaire », a affirmé Me Touré.
Cette réorganisation controversée aurait donné naissance à deux entités issues du même projet initial : AGB2A ZIC, côté Ahmed Kanté, et AGB2A SD Mining, représentant les intérêts chinois. Ce partage est, selon Zotov et son conseil, la preuve d’un conflit majeur résultant d’un détournement frauduleux.
« Le comportement de M. Kanté constitue un abus de confiance caractérisé, car il n’aurait jamais eu accès à ces données sans sa position de consultant. Il s’est ensuite servi de ces informations à des fins personnelles », a martelé Me Touré.
Face au jugement de non-lieu prononcé par le tribunal de Kaloum, la société ABC, propriété de M. Zotov, a décidé de faire appel. L’équipe juridique estime que les faits relèvent non seulement de l’abus de confiance mais également de la concurrence déloyale, compte tenu de la nature du préjudice subi.
L’affaire reste donc en suspens, en attendant que la cour d’appel se prononce. En toile de fond, un climat tendu dans le secteur minier guinéen, où les investisseurs étrangers réclament plus de garanties juridiques et de transparence dans les partenariats locaux.
A M C









