Depuis le début de la semaine, l’actualité médiatique guinéenne est marquée par une nouvelle affaire judiciaire impliquant Ahmed Kanté, dont l’interpellation par les services de l’ORDEF a relancé les interrogations sur ses activités dans le secteur minier.

L’examen de plusieurs documents et publications relatifs aux différentes procédures dans lesquelles son nom apparaît fait ressortir un élément récurrent : la création de la société GIC en 2019 et son entrée dans le projet de développement des gisements de GBT et d’Axis. Plusieurs des affaires évoquées semblent, à des degrés divers, liées à cette société et à sa filiale détenue à 100 %, AGB2A-GIC.

Pour comprendre les enjeux de ce dossier, il convient de revenir sur les événements qui ont précédé la création de GIC et sur les circonstances dans lesquelles ABC, un acteur initial du projet, en a été progressivement écartée.

2019, une année charnière

GIC est immatriculée en mars 2019. Deux mois plus tard, en mai, la société AGB2A SA est constituée avec la participation de SD Mining. La répartition du capital prévoit alors 58 % pour GIC et 42 % pour SD Mining, en vue du développement des gisements de GBT et d’Axis.

Cette répartition interpelle, car elle reprend les mêmes proportions que celles prévues dans un accord conclu quelques mois auparavant entre African Bauxite Corporation (ABC) et SD Mining.

D’autres accusations, portant notamment sur l’utilisation des fonds de sociétés à des fins personnelles, des transferts financiers à l’étranger, le financement d’un club de football à Chypre et des soupçons de blanchiment de capitaux, sont également mentionnées dans les dossiers et publications consacrés à Ahmed Kanté.

Ces allégations doivent être distinguées des faits judiciairement établis. Leur existence dans des documents ou des déclarations ne suffit pas, à elle seule, à établir la responsabilité pénale des personnes concernées.

Une nouvelle affaire qui ravive les interrogations

La récente interpellation d’Ahmed Kanté par les services de l’ORDEF remet en lumière les différentes ramifications de cette affaire. Elle soulève de nouveau des questions sur les conditions dans lesquelles les sociétés ont été constituées, les autorisations liées au projet portuaire ont été attribuées et le contrôle du projet GBT- Axis a évolué.

Au-delà des personnes citées et des procédures engagées, l’enjeu est également institutionnel : celui de la transparence dans l’attribution des autorisations minières et portuaires, de la protection des investissements et du respect des engagements entre partenaires.

L’histoire de GIC et d’AGB2A pose ainsi une question essentielle : comment un projet initialement développé avec la participation d’ABC a-t-il pu changer de mains en quelques mois, alors que des investissements avaient déjà été engagés et que les travaux avaient commencé ?

C’est à l’examen des documents, des témoignages et des décisions de justice qu’il revient désormais d’apporter des réponses à cette question.

Documents ci-joint :