Après la décision du procureur de placer Aliou Bah sous mandat de dépôt pour « offense au chef de l’État » et autres infractions, son avocat, Me Almamy Samory Traoré, dénonce une tentative de faire taire le seul opposant politique à s’exprimer librement sur la gestion de la transition. Le procès est prévu pour demain devant le TPI de Kaloum.
Suite à l’incarcération d’Aliou Bah, président du Mouvement Démocratique Libéral (MODEL), placée sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry ce lundi 30 décembre 2024, son avocat, Me Almamy Samory Traoré, a vivement réagi. À sa sortie du parquet de Kaloum, il a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative délibérée de faire taire leur client. Selon l’avocat, l’incarcération d’Aliou Bah ne vise qu’à réduire au silence un homme qui, selon lui, représente la voix des citoyens désireux de justice et de liberté.
« L’objectif est en réalité de le faire taire. Aliou Bah est aujourd’hui le seul acteur politique qui ose prendre la parole et dire ce que pensent les citoyens épris de paix et de justice, ceux qui aspirent à la liberté. Il n’a fait que rappeler aux autorités les engagements qu’elles ont pris et qu’elles sont tenues de respecter », a affirmé Me Almamy Samory Traoré. L’avocat a ajouté qu’ils n’étaient pas surpris par la décision du procureur et qu’ils comptaient démontrer, lors du procès, que les accusations portées contre leur client sont infondées.
Me Traoré a également souligné que cette décision vise à limiter la liberté d’expression et à museler toute critique de la gestion actuelle de la transition. « Si l’on doit interdire aux acteurs politiques de critiquer l’action gouvernementale, Aliou Bah ne fait que rappeler aux autorités leurs engagements. Nous sommes convaincus que devant un juge indépendant, ces accusations s’effondreront, et nous obtiendrons sa mise en liberté », a-t-il promis.
L’ouverture du procès est prévue pour demain devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Kaloum. L’affaire, qui suscite de vives réactions, pourrait bien marquer un tournant dans le climat politique du pays.
Mohamed Aboubacar Camara









