Lors de son procès pour « offense au chef de l’État », le leader du MoDeL dénonce un projet politique visant à maintenir indéfiniment les autorités de la transition au pouvoir.
Lors de sa déposition ce mardi 31 décembre 2024, le leader du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), Mamadou Aliou Bah, accusé d’« offense au chef de l’État », a vigoureusement exprimé ses préoccupations politiques. Il a notamment critiqué les autorités de la transition, qu’il accuse de poursuivre un agenda visant à maintenir le pouvoir, contredisant ainsi les engagements pris au début de la transition. Dans son plaidoyer, il a insisté sur l’absence de légitimité de l’actuel régime, appelant à un retour rapide à la démocratie par le biais d’élections.
Dans le cadre de son procès pour « offense au chef de l’État » devant le tribunal correctionnel de Kaloum, Mamadou Aliou Bah, leader du MoDeL, n’a pas mâché ses mots. Le 31 décembre 2024, il a dénoncé, avec vigueur, ce qu’il considère comme une tentative de confiscation du pouvoir par les autorités de la transition.
Lors de l’audience, son avocat, Maître Pépé Antoine Lamah, a fermement rejeté les accusations, affirmant que son client n’avait ni offensé ni diffamé le président de la transition. Il a souligné que les supports audiovisuels présentés par le ministère public, censés étayer les accusations, n’apportaient aucune preuve solide. Selon l’avocat, Aliou Bah n’a jamais mentionné le nom du chef de l’État dans ses discours, qualifiant les accusations de « fausses » et « montées de toutes pièces » pour museler son client. Il a également révélé que Bah avait été détenu de manière arbitraire à la Direction Centrale des Investigations Judiciaires de la Gendarmerie nationale, sans les formalités légales requises, ce qui, selon lui, révèle un déni de justice.
Aliou Bah, pour sa part, a exprimé son incompréhension face à la situation politique actuelle en Guinée. Il a précisé que, selon lui, la transition en cours ne bénéficiait pas de la légitimité nécessaire pour gouverner, car elle ne s’était pas traduite par des élections, conformément aux engagements pris avec la communauté internationale. Il a également déploré que les autorités de la transition semblent chercher à prolonger indéfiniment leur pouvoir, ce qu’il considère comme une « confiscation » politique.
« La légitimité du pouvoir ne se tire pas de la force, mais des élections », a déclaré Aliou Bah, soulignant que les engagements pris en septembre 2021 n’avaient pas été respectés. Selon lui, la prolongation de la transition au-delà du terme prévu (31 décembre 2024) démontre que le gouvernement actuel cherche à conserver le pouvoir sans offrir au peuple de Guinée la possibilité de s’exprimer démocratiquement par les urnes. Il a comparé la situation actuelle à celle des précédentes transitions, accusant les autorités de vouloir se maintenir en place sous prétexte de la gestion de l’État.
Dans une déclaration directe, Aliou Bah a affirmé : « Évidemment qu’en termes de politique, je suis fondé de croire que les autorités de la transition sont dans un agenda de confiscation du pouvoir ». Il a insisté sur le fait que cette dynamique, loin de répondre aux aspirations du peuple, visait uniquement à prolonger l’autorité de la transition sans rendre des comptes à la population.
Le procès, qui se poursuit, pourrait voir un renversement de la situation, selon les déclarations de l’avocat de la défense, qui espère une relaxe pour son client, soulignant l’absence de preuves substantielles contre lui.
Le leader du MoDeL, tout en défendant ses droits, persiste dans sa critique du régime actuel, arguant que les autorités de la transition n’ont ni programme ni vision claire pour la Guinée, et qu’elles doivent céder la place à un gouvernement démocratiquement élu.
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