Au lendemain de la signature d’un protocole d’accord sur l’approvisionnement du marché national, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Fatima Camara, a entamé une série de visites de terrain auprès des principaux importateurs du pays. Objectif : s’assurer de la disponibilité effective des denrées de première nécessité et du respect des engagements pris dans le cadre du nouvel accord.

La première étape de cette tournée a conduit la délégation ministérielle à l’entrepôt de la société Sawaba Guinée, situé au quartier Concasseur, dans la commune de Gbessia. Sur place, la ministre a pu évaluer le niveau des stocks, notamment en produits de grande consommation comme le sucre et le riz.
En soirée, la délégation s’est rendue au siège du groupe CIAO Guinée, autre acteur clé de l’importation et de la distribution. Les échanges ont porté sur la capacité d’acheminement des marchandises vers l’intérieur du pays, un enjeu majeur pour éviter les ruptures et limiter les disparités de prix entre Conakry et les préfectures.
« Nous voulons nous rassurer que les denrées sont disponibles en quantité suffisante et que leur distribution vers l’intérieur est effective », a déclaré la ministre devant la presse, précisant que des cargaisons de sucre étaient déjà en cours d’expédition vers plusieurs localités.
La ministre a rappelé que l’économie guinéenne repose sur la libre concurrence et la loi de l’offre et de la demande. Toutefois, face aux tensions sur certains produits, l’État a jugé nécessaire d’instaurer un mécanisme de régulation concerté avec les opérateurs économiques.
Ce protocole d’accord, signé notamment avec la Direction générale des douanes et la Chambre de commerce, fixe des prix plafonds pour les produits de très grande consommation. L’objectif n’est pas d’imposer un tarif unique, mais d’empêcher toute hausse excessive susceptible d’affecter le pouvoir d’achat des ménages.
La démarche s’inscrit dans la vision du président de la République, Mamadi Doumbouya, et du Premier ministre, Amadou Oury Bah, qui ont appelé à un effort collectif afin de préserver le panier de la ménagère dans un contexte économique contraint.
« Le prix plafond ne signifie pas augmentation. Il s’agit d’une limite à ne pas dépasser », a insisté la ministre, répondant aux inquiétudes suscitées par l’annonce du dispositif.
Des plafonds adaptés aux réalités locales
Présent lors de la visite, le Directeur national du Commerce intérieur et de la Concurrence, Mohamed Traoré, a précisé les modalités d’application. À Conakry, par exemple, le sac de sucre de 50 kg ne doit pas excéder 350 000 GNF.

Dans les préfectures de l’intérieur, les seuils tiennent compte des coûts de transport, de manutention et des distances. Chaque zone dispose ainsi d’un plafond ajusté à ses contraintes logistiques.
Selon lui, ce mécanisme protège le consommateur tout en maintenant le principe de concurrence. Dans de nombreux marchés, a-t-il souligné, les prix pratiqués restent d’ailleurs en dessous des plafonds fixés.
Toute hausse injustifiée au-delà de ces seuils constitue une infraction et expose les contrevenants à des sanctions.

Un dispositif renforcé de suivi et de contrôle
Au-delà des visites d’entrepôts, le ministère entend mettre en place un système de suivi rigoureux. Les directions nationales du Commerce intérieur, de la Concurrence et de l’Industrie, appuyées par des inspecteurs assermentés déployés sur l’ensemble du territoire, seront chargées de contrôler quotidiennement l’évolution des prix.
Une plateforme numérique de suivi, dénommée Simprix, permettra de collecter et d’analyser en temps réel les données remontées du terrain. Des affiches et supports d’information seront également distribués dans les marchés pour informer les commerçants et les consommateurs des prix plafonds applicables.

Les autorités misent aussi sur l’implication des citoyens. Le numéro vert 142 est mis à disposition pour signaler tout dépassement ou dysfonctionnement constaté sur les marchés.
Si certaines denrées affichent déjà une légère baisse, d’autres connaissent des ajustements modérés. L’ambition affichée reste constante : prévenir les flambées spéculatives, réduire les écarts entre localités et garantir une meilleure transparence dans la formation des prix.

À travers cette tournée, la ministre veut démontrer que l’État ne se limite pas aux annonces. En contrôlant les stocks, en évaluant les capacités logistiques et en mobilisant les acteurs économiques, le département de l’Industrie et du Commerce entend sécuriser durablement l’approvisionnement national et rassurer les populations sur la disponibilité des produits essentiels.
Aboubacar Moussa Camara









