Ce mercredi 28 mai 2025, le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP), formation politique fondée par l’ancien président guinéen, le général Lansana Conté, a officiellement lancé les travaux de son cinquième congrès. L’événement se tient dans un hôtel de la capitale, Conakry, en présence de délégués venus de toutes les régions du pays, marquant une étape importante pour la redynamisation du parti.

Dans son intervention, Elhadj Fodé Bangoura, président sortant du PUP, est revenu sur les nombreuses raisons ayant justifié le report de ce congrès, initialement prévu depuis plusieurs années. Il a pris soin de contextualiser ce long délai en évoquant les différentes crises sanitaires et politiques qui ont paralysé la vie nationale.« En principe, on aurait dû faire le congrès en 2020. En 2020, comme vous le saviez, notre pays a été frappé par deux épidémies : d’Ebola ensuite suivi de Covid. Ces deux pandémies ont ralenti les activités. Vous vous souviendrez que les mosquées étaient fermées. Les marchés ne sortaient plus. Ce qui prévalait, c’est se mettre à distance. Les activités politiques n’ont pas marché. »

À ces contraintes sanitaires se sont ajoutés des événements politiques majeurs qui ont affecté le calendrier du parti :« Au sortir de ces deux pandémies, il y a eu d’autres événements comme je l’ai dit dans mon discours, le troisième mandat, avec la nouvelle constitution, mon parti avait boycotté. Après, il y a eu les événements du 5 septembre 2021, donc tout cela a retardé ce congrès. »
Malgré ce contexte difficile, Fodé Bangoura s’est voulu rassurant et optimiste quant à la résilience du parti :« Mais mieux vaut tard que jamais. Aujourd’hui, vous avez suivi dans la salle, de Lola, Yomou, Beïla, et toutes les préfectures sont représentées. Donc nous, franchement, le retard était certes là, mais nous nous réjouissons et avec vous comme témoins que le PUP existe très bien sur l’ensemble du territoire national. C’est pour nous un motif de fierté. »

Le président sortant a également souligné que le PUP n’était pas le seul parti à connaître des retards dans ses instances statutaires. D’autres grandes formations guinéennes sont elles aussi en attente de leurs congrès respectifs :« Le retard est certes vrai, mais nous ne sommes pas seuls. Je crois qu’après-demain, l’UFR est programmée, il y a l’UFDG qui attend, il y a d’autres partis qui attendent. »
Enfin, exprimant son souhait de voir les travaux se dérouler dans la sérénité et l’unité, il a conclu :« On le tient aujourd’hui, je souhaite que ça se passe très bien, en ce moment, on aurait accompli ce qu’on nous demandait dans les 90 jours. »

Ce jeudi 29 mai, les militants et sympathisants du PUP connaîtront enfin le nom du nouveau président qui aura la lourde tâche de conduire le parti vers une nouvelle ère. Ce congrès constitue ainsi une étape charnière pour le PUP, qui entend retrouver sa place dans le paysage politique guinéen après des années de repli.

A M C









