Selon le rapport présenté par le Rapporteur général, l’Honorable N’Gouamou Fabara KONE, au nom de la Commission du Plan, des Affaires financières et du Contrôle budgétaire, le budget de l’État connaît cette année des réajustements majeurs, particulièrement au niveau des dépenses.
I – Un budget général en forte progression
Les dépenses du budget général enregistrent une hausse notable de 24,20 %, passant de 42 254,93 Mds à 52 465,95 Mds. Elles se répartissent en :
- 32 506,24 Mds de dépenses courantes (61,96 % du total)
- 19 959,71 Mds de dépenses d’investissement (38,04 %)
A. Dépenses courantes : +19,40 %
Les dépenses courantes augmentent de 5 278,34 Mds, portées par quatre postes clés :
1. Charges financières de la dette
La dette enregistre une progression de 875,02 Mds (+40,60 %).
Cette hausse provient de l’augmentation des intérêts de la dette intérieure (+1 000 Mds), partiellement compensée par la baisse des intérêts extérieurs (–124,98 Mds).
Les charges de la dette représentent désormais 9,32 % des dépenses courantes.
2. Dépenses de personnel
Les dépenses de personnel passent de 10 710,81 Mds à 11 309,34 Mds (+5,60 %).
Cette évolution est liée :
- à la revalorisation des primes de fonction,
- à la mise en œuvre de mesures incitatives pour les fonctionnaires.
Elles représentent 34,79 % des dépenses courantes, contre 39,34 % initialement, traduisant une dynamique de rééquilibrage des priorités budgétaires.
3. Dépenses de biens et services
Réévaluées à 8 658,47 Mds contre 5 403,10 Mds, ces dépenses bondissent de 60,3 %.
Elles incluent notamment :
- le financement du chronogramme de la transition,
- une rallonge pour l’approvisionnement alimentaire des forces de défense,
- une provision pour la gratuité de la Carte nationale d’identité (CNI) et des extraits de naissance biométriques.
4. Dépenses de transfert
Les transferts passent de 8 958,01 Mds à 9 507,43 Mds (+6,1 %), en raison :
- du report des crédits financés par les appuis budgétaires du FMI,
- de la prise en charge de l’organisation du Hadj 2025 et 2026,
- de l’indemnisation des victimes des événements du 28 septembre 2009.
B. Dépenses d’investissement : +32,8 %
Les dépenses d’investissement progressent fortement, passant de 15 027,03 Mds à 19 959,71 Mds.
Cette croissance est largement due à l’intégration de nouveaux projets d’infrastructures financés par émissions de titres d’État.
Elles représentent désormais 38,04 % du budget général, confirmant la priorité donnée aux investissements structurants.
Une controverse : la gratuité de la CNI toujours non appliquée
L’examen du volet dépenses a suscité de vives réactions au sein des commissions permanentes du CNT.
La principale préoccupation concerne la non-application sur le terrain de la gratuité de la carte nationale d’identité biométrique, pourtant garantie par le décret D/2025/021/PRG/CNRD/SGG du 02 février 2025.
Selon le CNT :
« Conformément au décret […], la délivrance de la carte nationale d’identité biométrique est gratuite pour tous les citoyens à la première demande. Malgré cette disposition, et bien que la Présidence de la République prenne entièrement en charge les coûts, cette mesure n’est pas appliquée sur le terrain. »
Les conseillers dénoncent :
- des délais de délivrance très longs, parfois de plusieurs mois,
- des pratiques illégales, certains agents réclamant des paiements aux citoyens.
Le CNT appelle le Gouvernement à agir
Face à ces dysfonctionnements, le CNT recommande au Gouvernement, par l’intermédiaire du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, de prendre des mesures fermes pour garantir :
- l’application stricte du décret,
- la gratuité effective de la CNI sur l’ensemble du territoire,
- la protection des citoyens contre les abus.
Cette demande vise à rétablir la confiance, garantir l’équité et respecter la volonté du Président de la République.
Mohamed AC









