La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a exposé devant les conseillers nationaux les grandes lignes du projet de Loi de Finances Initiale (LFI) pour l’exercice 2026. Entre rigueur macroéconomique et ambitions sociales portées par le programme Simandou 2040, ce budget marque un tournant décisif pour la Guinée.
À l’entame de son allocution, la ministre a salué l’engagement constant du Conseil National de la Transition (CNT). Elle a notamment rappelé l’importance de l’adoption récente de la loi autorisant la perception exceptionnelle de recettes en décembre 2025, une mesure qui a permis d’assurer la continuité de l’État dans un contexte budgétaire exigeant.
Pour Mariama Ciré Sylla, le sacrifice et le patriotisme des conseillers constituent les piliers de la refondation impulsée par le Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya. L’élaboration de ce budget s’inscrit dans un environnement international complexe, marqué notamment par les tensions au Moyen-Orient et les guerres commerciales. Malgré une région sahélienne toujours fragile sur le plan sécuritaire, la Guinée affiche une résilience notable.

Des réformes structurantes et des jalons majeurs
La ministre a mis en avant plusieurs étapes clés pour 2026 :
la préparation des élections législatives et communales prévues le 24 mai 2026 ;
le passage au budget-programme pour onze ministères pilotes ;
l’obtention d’une notation souveraine positive, facilitant l’accès aux marchés financiers internationaux.
Elle a précisé que le budget 2026 s’aligne rigoureusement sur la vision Simandou 2040, avec un plan d’investissement colossal estimé à 330 milliards de dollars, structuré en trois vagues.
Pour sécuriser cette ambition, le gouvernement s’appuie notamment sur Rothschild & Co pour l’accompagnement sur les marchés internationaux, ainsi que sur la création d’un fonds souverain avec l’appui de Southridge, destiné à capter les rentes minières et à préserver les intérêts des générations futures.
Des indicateurs économiques encourageants
Les projections économiques traduisent une dynamique solide :
une croissance estimée à 9,5 %, portée principalement par le secteur minier ;
une inflation maîtrisée à 3,5 %, contribuant à la protection du pouvoir d’achat ;
un déficit budgétaire réduit à 2,1 % du PIB, contre 3,1 % en 2025.
Les recettes budgétaires sont évaluées à 55 858 milliards GNF, soit une hausse de 27,1 %, soutenue notamment par une augmentation remarquable de 68,7 % des revenus miniers.
🏥 Une forte orientation sociale et territoriale
L’innovation majeure de cette LFI 2026 réside dans l’allocation stratégique des ressources, avec un accent particulier sur les secteurs sociaux et le développement local :
financement direct de 455 centres de santé et 2 514 postes de santé ;
modernisation de l’Hôpital Ignace Deen et renforcement de la lutte contre le cancer (Octobre Rose) ;
augmentation de 110 % des transferts aux communes rurales et de 50 % pour les sous-préfectures ;
acquisition de bus, création de 1 600 points d’eau et modernisation de la chaîne pénitentiaire avec l’introduction de bracelets électroniques.
Gouvernance et efficacité des dépenses
Pour garantir l’efficacité de ces investissements, la ministre a insisté sur deux axes majeurs :
le renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale ;
la digitalisation des procédures, notamment via la plateforme Télémo pour la passation des marchés publics.
En conclusion, Mariama Ciré Sylla a rappelé l’essentiel :
« Le véritable enjeu n’est pas seulement de dépenser, c’est de transformer chaque franc en résultat concret ».

Elle a enfin réaffirmé sa disponibilité pour un examen approfondi du projet par les conseillers nationaux, dans un esprit de transparence et de responsabilité.

 

AMC