Éliminée depuis vendredi dernier de la compétition, la délégation guinéenne reste en grande partie bloquée à Kampala, en Ouganda. Plusieurs de ses membres, dont des journalistes et d’anciens internationaux, ont été sommés de quitter leurs hôtels, faute de moyens. Le silence du ministère des Sports ajoute à l’inquiétude.

C’est un véritable coup dur pour certains membres de la délégation guinéenne au Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), à Kampala. Alors que l’équipe a été éliminée dès le vendredi, une grande partie de la délégation reste toujours sur place, sans visibilité claire sur son retour au pays.

La situation a pris une tournure embarrassante ce mardi selon nos confrères de Mosaiqueguinee.com, lorsque plusieurs membres ont été sommés de libérer leurs chambres d’hôtel. Parmi les concernés, on retrouve même des journalistes logés à l’hôtel Fairway, situé non loin de l’hôtel Noom. Selon nos informations, cette décision a été prise en raison du non-paiement des frais d’hébergement.

Mais ce n’est pas tout : d’après plusieurs sources concordantes, de nombreux membres de la délégation n’ont toujours pas perçu leurs indemnités ou primes. Un climat de frustration s’installe.« Il y a quand même des mécontentements dans les groupes, notamment à cause des primes », confie une source proche de la délégation.

Heureusement, tous ne sont pas logés dans la même enceinte . Les journalistes guinéens hébergés à l’hôtel Noom, par exemple, ne seraient pas concernés par cette évacuation. Le problème toucherait surtout des personnes venues au nom d’un mouvement de soutien au président Mamadi Doumbouya, censées être prises en charge par le ministère du Budget.« Chez nous à l’hôtel Onomo, ça va pour le moment, en ce qui concerne la délégation officielle amenée par le ministère des Sports. En revanche, ceux venus dans le cadre du mouvement de soutien ont été rappelés à l’ordre par les responsables de l’hôtel. Un de leurs chefs multipliait les appels vers Conakry pour trouver une solution », témoigne un membre de la délégation.

Autre cas évoqué : l’hôtel Hilton de Kampala, où étaient logés l’ancien international Abdoul Salam Sow et le doyen Oumar Dieng. Eux aussi ont été priés de quitter les lieux, selon plusieurs sources. À l’hôtel Fairway, les journalistes guinéens ont été contraints de plier bagages ce mardi matin pour être relogés ailleurs.« Moi je suis à l’hôtel Onomo avec le comité national des supporters, pour le moment on n’a pas été inquiétés. Mais il n’y a aucune communication officielle du ministère des Sports, et on ne sait toujours pas quand on rentre », déplore une autre source.

Malgré nos tentatives, aucune déclaration officielle n’a pu être obtenue du ministère des Sports. Le mutisme des autorités sportives guinéennes, alors que plusieurs compatriotes vivent une situation délicate à l’étranger, suscite interrogations et critiques.

Alors que le CHAN est censé promouvoir le football local et renforcer les liens entre nations africaines, cet incident pourrait laisser une tâche sur l’image de la délégation guinéenne. Et surtout, poser de sérieuses questions sur l’organisation, la planification et la responsabilité des autorités sportives et budgétaires du pays.

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