À mes chers collègues politiques,
Aucun Guinéen ne devrait plus perdre la vie à cause de la candidature d’un autre.
Notre pays, depuis son indépendance, a connu six présidents : deux civils et quatre militaires.
Comme au début, l’histoire nous montre que, chaque fois qu’un civil prend le pouvoir, il est suivi par un militaire qui profite d’un vide laissé par son prédécesseur.
À la mort du premier président, bien que la constitution prévoyait la vacance du pouvoir, ce dernier avait verrouillé les choses de telle sorte qu’il était impossible de penser ou même de prévoir sa succession. Ainsi, à sa mort, l’armée a saisi cette faille pour prendre le pouvoir, évitant ainsi un bain de sang. À l’époque, la communauté internationale ne semblait peut-être pas trouver d’inconvénient à ce qu’un militaire, arrivé au pouvoir dans de telles circonstances, se porte candidat.
Après presque une décennie, notre pays s’est ouvert au multipartisme et a organisé ses premières élections, avec le militaire Conté comme candidat. Aucun politicien de l’époque n’a vu cela comme un obstacle, et aucune vie guinéenne n’a été perdue à cette occasion.
Après 24 ans de règne, le général, lui aussi n’ayant pas prévu sa succession, a permis au corps militaire, dont il faisait partie, de conserver le pouvoir. Ainsi, ce capitaine, qui avait initialement promis de ne pas se porter candidat, a changé d’avis. Cette décision a conduit nos aînés politiques à organiser une manifestation constitutionnelle qui, malheureusement, coûta la vie à des centaines de Guinéens.
Aujourd’hui, le principal mis en cause est condamné. Bien qu’il ne bénéficie pas pleinement de l’affection de sa famille, il est important de souligner que cette condamnation n’a pas ramené les victimes à la vie et ne le fera jamais. Les familles pleureront leurs proches toute leur vie. C’est pourquoi il me semble important, voire indispensable, que nous regardions dans notre rétroviseur et disions : stop, plus jamais de vies perdues pour une candidature quelconque.
Mohamed Cissé
Président de LaNG









