Le 20 mars 1984, Ahmed Sékou Touré, alors président de la Guinée, prononce un discours marquant lors du congrès des syndicats de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), affirmant son engagement syndicaliste jusqu’à sa mort. Quelques heures plus tard, il est victime de graves malaises. Des examens médicaux révèlent des problèmes cardiaques importants, et un anévrisme de l’aorte est diagnostiqué le 24 mars.
Face à la gravité de son état, Sékou Touré est transporté d’urgence à Cleveland, aux États-Unis, pour une opération chirurgicale. Malheureusement, le 26 mars 1984, le Premier ministre Louis Lansana Béavogui annonce à la nation le décès du président.
Le rapatriement de sa dépouille et les funérailles nationales qui s’ensuivent témoignent de l’importance de Sékou Touré sur la scène africaine et internationale. De nombreux chefs d’État, ainsi que le vice-président américain George Bush, lui rendent un dernier hommage. Il est inhumé le 30 mars au mausolée de Camayenne, à Conakry.
La mort de Sékou Touré ouvre une période d’incertitude politique en Guinée. Conformément à la Constitution, le Premier ministre Louis Lansana Béavogui assure l’intérim, en attendant la tenue d’élections présidentielles. Cependant, des tensions internes au sein du Parti démocratique de Guinée (PDG) émergent rapidement.
Le 3 avril 1984, une semaine seulement après le décès du président, l’armée prend le pouvoir par un coup d’État. Les militaires justifient leur intervention en dénonçant les dérives dictatoriales des dernières années du régime de Sékou Touré. La Constitution est suspendue, l’Assemblée nationale et le parti unique sont dissous, et de nombreux proches de l’ancien président sont emprisonnés.
Le colonel Lansana Conté prend la tête du Comité militaire de redressement national (CMRN) le 5 avril 1984. L’une de ses premières décisions est la libération d’environ 1 000 prisonniers politiques et de droit commun du camp Boiro, symbole de la répression sous Sékou Touré, qui est immédiatement fermé.
Ce coup d’État marque la fin d’une époque en Guinée et ouvre un nouveau chapitre de son histoire.









