La fermeture des usines illégales d’eau potable met à nu l’incapacité de la Société des Eaux de Guinée à fournir une eau saine à la population.

À Conakry, capitale de la Guinée, des milliers de citoyens sont aujourd’hui confrontés à une situation sanitaire alarmante. Depuis la fermeture progressive des usines de fabrication d’eau potable jugées non conformes aux normes sanitaires, les habitants n’ont plus d’autre choix que de se tourner vers l’eau du robinet — une source depuis longtemps décriée pour sa mauvaise qualité.

Cela fait plus d’une décennie que de nombreux Guinéens ont perdu confiance en l’eau fournie par la Société des Eaux de Guinée (SEG). La cause : une eau souvent trouble, malodorante, et parfois même chargée de particules visibles. Loin de rassurer, le liquide qui coule dans les robinets inspire aujourd’hui la méfiance. « Il nous arrive d’ouvrir le robinet et de voir une eau brune ou jaunâtre. Comment peut-on donner ça à boire à un enfant ? », témoigne une mère de famille du quartier Matoto.

Avec la disparition progressive de l’eau en sachet — autrefois une alternative populaire mais souvent non contrôlée — la population se retrouve dans une impasse. Les boutiques sont vides, les stocks épuisés, et la demande grandissante. Résultat : de plus en plus de familles, faute d’option, consomment une eau dont la potabilité reste fortement douteuse.

Les conséquences sanitaires ne se sont pas fait attendre : diarrhées aiguës, infections intestinales, maladies de peau, fièvres typhoïdes… Autant de pathologies qui menacent désormais quotidiennement les habitants. Les hôpitaux enregistrent une recrudescence des cas liés à la mauvaise qualité de l’eau, selon plusieurs professionnels de santé contactés.

Face à cette crise, de nombreuses voix s’élèvent pour demander des comptes à la SEG. Pourquoi, malgré des années de financement et d’investissement, la société nationale de distribution d’eau est-elle toujours incapable de garantir une eau propre à la consommation ? Est-ce une question de mauvaise gouvernance ? Une défaillance technique ? Ou tout simplement une négligence administrative ?

À l’heure où la santé publique est en jeu, les citoyens attendent des réponses claires, des solutions concrètes et une réforme structurelle de la gestion de l’eau en Guinée. L’accès à l’eau potable est un droit fondamental. À Conakry, ce droit semble aujourd’hui sacrifié.

 

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