Le Premier ministre a engagé une concertation élargie avec les autorités communales afin d’accélérer la réorganisation et la modernisation des marchés de la capitale, à la suite des opérations de déguerpissement conduites dans le Grand Conakry.
Réunis au Palais de la Colombe, la Gouverneure de la ville, le Secrétaire général du ministère de l’Urbanisme ainsi que les treize présidents des Délégations spéciales ont fait le point sur la situation des commerçants impactés. Cette rencontre, à la fois stratégique et opérationnelle, visait à établir un diagnostic précis des difficultés rencontrées sur le terrain et à définir des réponses rapides et coordonnées.

Selon le chef du gouvernement, dans un contexte marqué par une forte pression démographique et un encombrement croissant de la ville, toute opération d’assainissement doit impérativement s’accompagner de mesures préparatoires et de solutions concrètes pour les personnes affectées. Sans anticipation ni alternatives crédibles, a-t-il prévenu, les réformes risquent de produire davantage de tensions sociales que de résultats durables. La modernisation urbaine, pour être efficace, doit donc concilier fermeté administrative et responsabilité sociale.
Le Premier ministre est également revenu sur les dérives passées liées à la cession irrégulière de domaines publics, notamment des marchés, des cimetières et des réserves foncières destinées à des infrastructures scolaires et sociales. Ces pratiques, a-t-il souligné, ont profondément déséquilibré la planification urbaine, réduit les marges de manœuvre des collectivités et contribué à l’aggravation des difficultés actuelles. La reconquête et la protection du patrimoine foncier public apparaissent désormais comme une priorité incontournable.

Face à l’urgence, il a donné un délai d’une semaine aux responsables communaux pour proposer des sites pouvant servir d’espaces d’accueil provisoires aux commerçants déguerpis. Insistant sur la responsabilité directe de chaque commune, il a écarté tout argument lié à un prétendu manque d’espace, appelant à une exploration rigoureuse et transparente des possibilités foncières disponibles. L’objectif affiché est clair : éviter toute rupture d’activité pour les commerçants tout en poursuivant l’assainissement de la capitale.
De son côté, la Gouverneure de la ville de Conakry, le Général M’Hawa Sylla, a indiqué que certaines communes disposent déjà de dispositifs transitoires. À Matoto et au marché d’Enco 5, des espaces ont été aménagés pour accueillir les vendeuses, permettant une continuité minimale des activités. En revanche, à Sanoyah, malgré l’existence de cinq marchés construits, le transfert des vendeuses de légumes demeure complexe en raison de contraintes logistiques et de sécurité, notamment liées aux horaires d’approvisionnement nocturnes et à l’organisation des flux.
Elle a assuré qu’un suivi progressif est en cours pour aménager les sites requis, tout en préparant la reconstruction du marché d’Avaria. L’ambition est de garantir la continuité des activités commerciales dans des conditions plus adaptées, sécurisées et conformes aux exigences d’une capitale en pleine mutation.

Au-delà des mesures immédiates, cette concertation marque une volonté affichée de repenser durablement l’organisation des espaces marchands, au croisement des enjeux économiques, sociaux et urbanistiques. Pour les autorités, le défi consiste désormais à transformer une opération d’assainissement en véritable levier de modernisation et de cohésion urbaine.

 

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