La congestion persistante au Port autonome de Conakry (PAC) suscite l’inquiétude des opérateurs économiques, confrontés à d’importants retards dans le déchargement des marchandises. Interrogé sur la question, le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a reconnu la gravité de la situation tout en y voyant un signe de vitalité économique.

Selon lui, l’engorgement du port est la conséquence directe de la forte croissance des activités commerciales en Guinée :

« C’est vrai, les navires peinent à décharger, et les opérateurs économiques sont impactés. Mais cela traduit aussi une activité économique soutenue », a-t-il déclaré d’après Africaguinee.com

Un indicateur de croissance économique

Pour illustrer cette dynamique, Ousmane Gaoual Diallo cite le secteur du ciment. En quelques années, la Guinée est passée d’un seul producteur à cinq cimenteries, toutes en rupture de stock.

« Quand les cimentiers reçoivent leurs bateaux de clinker, tout est écoulé en quinze jours. Cela montre qu’on construit partout dans le pays », explique-t-il, y voyant la preuve d’un essor du secteur du bâtiment et des infrastructures.

Une activité portuaire en surchauffe

Le ministre indique que le port a enregistré une hausse de 45 % du trafic, dépassant largement la capacité actuelle des infrastructures, même en cours d’extension. Les aires de stockage sont saturées, les conteneurs s’accumulent, et les navires doivent attendre parfois plusieurs mois avant d’accoster.

« Certains paient jusqu’à 15 000 dollars de surestaries par jour », reconnaît Ousmane Gaoual Diallo, admettant que ces coûts se répercutent sur l’économie et les consommateurs.

Des tensions sous contrôle

Cette congestion crée aussi des tensions entre les différents acteurs du port. Le ministre assure toutefois que la gestion se fait de manière équitable, par le dialogue et la rotation des navires :

« On essaie d’être justes. Ceux qui ont déchargé laissent la place à d’autres », explique-t-il.

« Les effets négatifs du succès »

Pour Ousmane Gaoual Diallo, la situation actuelle, bien que problématique, traduit avant tout les effets secondaires du développement économique :

« Nous vivons les conséquences du succès. Conakry est aujourd’hui le seul port guinéen répondant aux normes du commerce international », conclut-il.

Le ministre des Transports reconnaît la congestion du port de Conakry mais l’interprète comme un signe d’une économie guinéenne en pleine expansion. L’intensification des échanges, la hausse du trafic (+45 %) et la multiplication des acteurs industriels témoignent d’un dynamisme inédit, malgré les tensions logistiques et les coûts qu’il engendre.

 

 

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