Conakry tourne une nouvelle page dans sa modernisation urbaine. Ce mardi 7 octobre 2025, en marge de la Journée mondiale de l’habitat, les autorités guinéennes ont procédé au lancement officiel du projet de modernisation et d’expansion de la station de traitement des eaux usées (STEP), une infrastructure stratégique pour l’assainissement de la capitale.

Ce projet ambitieux, piloté par la Direction Nationale de l’Aménagement du Territoire (DATU), s’inscrit dans le cadre de la coopération sud-sud entre la République de Guinée et le Royaume du Maroc, avec le soutien financier et technique de la Banque Islamique de Développement (BID).

Une réponse concrète à une urgence urbaine

Depuis des années, la capitale guinéenne est confrontée à une gestion chaotique de ses eaux usées, avec des impacts sanitaires et environnementaux alarmants. Conscient de cette urgence, le gouvernement guinéen, sous l’impulsion du CNRD, a initié plusieurs actions, notamment la mise en place des premières stations d’épuration à Coléah et L’ANDRÉA.

« Depuis plus de cinq ans, les eaux usées envahissaient vraiment Conakry. La première station n’avait pas fonctionné. Aujourd’hui, grâce à ce projet, toutes les eaux usées, de Kaloum à Dixinn, seront désormais collectées, traitées et rejetées à la mer dans le respect des normes environnementales », a expliqué Isaac Sangbalamou, directeur national adjoint de la DATU .

L’ambition est claire : mettre fin aux fosses sceptiques, connecter les habitations aux réseaux de drainage, et construire une STEP moderne, capable de couvrir toute la zone allant de Kaloum à l’Andréa.

Un partenariat stratégique pour une ville durable

Présidant la cérémonie, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, chargé de la récupération des Domaines Spoliés de l’État, Mory Condé, a souligné le caractère structurant de ce projet, en lien direct avec la vision du chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, pour un développement axé sur le bien-être des populations et la durabilité des infrastructures.

« Ce projet est le fruit d’un partenariat solide avec la Banque Islamique de Développement et le Royaume du Maroc, via l’Office national de l’eau et de l’électricité. Il marque une nouvelle étape dans la modernisation de nos infrastructures urbaines », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que cette dynamique s’inscrit dans le cadre du programme Simandou 2040, qui entend faire de l’urbanisme un levier de croissance économique, et non plus un simple enjeu social.

« Chaque chantier urbain est un moteur de développement local. L’aménagement du territoire devient un outil stratégique de souveraineté, de compétitivité et de prospérité », a-t-il martelé.

 Une coopération Sud-Sud qui se concrétise

Pour l’Ambassadeur du Royaume du Maroc en Guinée, cette initiative illustre la maturité et la solidité du partenariat bilatéral, amorcé en 2007 lors de la visite royale.

« Ce projet marque un tournant décisif pour Conakry. Il modernise ses infrastructures, protège la santé publique, préserve l’environnement et pose les bases d’un développement urbain durable. »

Il s’agit d’un aboutissement concret d’un processus de coopération Sud-Sud, basé sur le transfert de savoir-faire, l’appui technique et la solidarité entre États en développement.

  • Lancement du projet de modernisation de la STEP de Conakry
  • Coopération triangulaire : Guinée – Maroc – Banque Islamique de Développement
  • Traitement des eaux usées pour plus de 5 communes, de Kaloum à Dixinn
  • Objectifs : santé publique, protection de l’environnement, amélioration du cadre de vie
  • Inscrit dans le programme Simandou 2040 pour un développement durable et inclusif

Ce projet ouvre la voie à une transformation durable de Conakry, en phase avec les standards internationaux en matière d’assainissement et d’urbanisme résilient. Il incarne aussi une volonté politique forte de replacer l’aménagement du territoire au cœur du développement socio-économique de la Guinée.

 

Aboubacar Moussa Camara

611 70 39 84