Lors de son passage à la barre, Dr Ousmane Kaba, ancien ministre de l’Économie et des Finances, a fermement rejeté les accusations portées contre lui dans un dossier datant de 30 ans. L’affaire implique un accord d’une valeur de 69 166 529 dollars US et concerne des accusations de « faux et usage de faux en écriture publique » ainsi que d’« abus de confiance », portées par la société Bankina Pêche. Ce n’est pas seul, d’autres anciens ministres sont également accusés dans cette affaire.

Dr Kaba a insisté sur son innocence, précisant qu’il n’avait aucune connaissance des faits reprochés. « Je ne reconnais pas les faits, ni les plaignants, et je ne suis au courant de rien », a-t-il affirmé. Selon lui, il a pris connaissance de cette affaire seulement sept mois plus tôt, à l’Office de Répression des Délits Économiques et Financiers (ORDEF). Il a expliqué que, lors de son mandat ministériel, il n’a exercé que six mois, un laps de temps trop court pour être impliqué dans une affaire datant de 30 ans. Il a également remis en question la pertinence de l’affaire, soulignant l’absurdité de revenir sur de tels faits après tant d’années.

Visiblement agacé, Dr Kaba a ajouté : « Comment peut-on revenir sur cela après trente ans ? Le privé ne peut pas se faire le justicier de l’État. » Il a aussi affirmé n’avoir jamais entendu parler de la société Bankina.

La tension est montée lorsque l’avocat de la partie civile, Maître Teninké Touré, a demandé à Dr Kaba si des études techniques avaient été réalisées avant la signature de la convention en question. Sa réponse, marquée par un ton acerbe, a provoqué une vive réaction dans la salle d’audience. « Madame, je ne suis pas votre enfant. Regardez-moi ça, ce n’est pas mon travail, mon rôle était de signer », a-t-il répliqué, ce qui a mené à une suspension de l’audience.

 

Outre Dr Ousmane Kaba, trois autres anciens ministres sont impliqués dans cette affaire : Mansa Moussa Sidibé, Boubacar Barry, anciens ministres des Pêches, ainsi que Moussa Condé, dit « Tata Vieux », ministre sous la présidence d’Alpha Condé. L’enquête se poursuit.

 

 

N’sira Sylla