Mutation disciplinaire, gestion opaque, contrats refusés : la direction du Fonds National pour l’Insertion des Jeunes brise le silence et contre-attaque.
Le climat est tendu au sein du Fonds National pour l’Insertion des Jeunes (FONIJ) en Guinée. Des assistants évoluant au sein de cette structure publique ont récemment exprimé leur mécontentement, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une « mutation punitive » et une gestion opaque orchestrée par la direction générale. Face à ces accusations, le Directeur Général Abdourahamane Baldé a tenu à livrer sa version des faits dans une déclaration ferme et détaillée.
Des mutations justifiées selon la direction
Abdourahamane Baldé affirme que les décisions prises sont conformes au contrat signé par les assistants concernés.« Ils ont signé un contrat en 2024 qui dispose en son article 4 qu’ils peuvent être envoyés partout sur l’étendue du territoire national avec des conditions définies dans le même contrat. Ce contrat devait prendre fin en décembre », rappelle-t-il.
Alors que l’année 2025 marque le renouvellement de la collaboration, la direction du FONIJ aurait proposé une continuité pour les agents intéressés, avec toutefois une nouvelle répartition géographique.« En 2025 nous avons décidé de garder ceux qui veulent continuer librement avec nous mais en envoyant certains auprès des inspecteurs régionaux pour des besoins du service en lien avec la mise en œuvre de nos projets à l’intérieur du pays. »
Selon lui, une réunion a été organisée à cet effet, au cours de laquelle les intéressés auraient donné leur accord.« Ils ont tous participé et accepté librement de partir. Nous leur avons proposé un contrat avec décharge à l’appui et une décision les a affectés à l’intérieur du pays dans des zones de leur choix. »
Cependant, tous les assistants concernés n’auraient pas donné suite à ces engagements.« Certains sont partis, et eux ont décidé de rester chez eux sans signer leurs contrats. Nous avons considéré donc leur position comme un refus d’obéir à nos instructions, et nous nous occupons de ceux qui travaillent. »
Vers des poursuites judiciaires
En réponse aux courriers adressés au ministère de tutelle par les agents protestataires, Abdourahamane Baldé affirme avoir respecté la procédure administrative.« Ils ont écrit à notre ministre qui a orienté le dossier à l’inspection du ministère, à qui nous avons répondu. Mais ils sont ailleurs sans même répondre à l’invitation de l’inspection de chez nous. »
Le Directeur Général ne cache pas son intention de poursuivre le dossier sur le terrain judiciaire si nécessaire.« Nous répondrons partout où ils iront, et avons, avec l’accord de nos avocats, décidé de déposer plainte au moment venu contre toute action posée contre les intérêts du FONIJ et ses responsables, dont le DG. »
Il annonce par ailleurs le remplacement imminent des assistants démissionnaires.« Ils seront bientôt remplacés d’abord par de nouveaux fonctionnaires, et ensuite par des jeunes capables de travailler à l’intérieur du pays. »
« Ils n’ont aucun droit avec nous »
Dans un ton plus tranchant, Abdourahamane Baldé remet en question la légitimité des agents à s’exprimer au nom de l’institution, accusant certains de vouloir « s’occuper du chantage à Conakry ».« Sinon, ils n’ont aucun droit de parler au nom de notre institution après avoir librement rejeté le contrat de l’année en cours. Nous ne pouvons pas forcer un citoyen à avoir un contrat avec nous, tout comme un citoyen n’a aucune possibilité de choisir seul ce qu’il fera chez nous. »
Il conclut en rappelant que les salaires perçus impliquent des obligations professionnelles.« Ils sont payés plus que la plupart des travailleurs de l’État à l’intérieur du pays, mais ils refusent de rendre service. Parlant de leurs salaires, informez-les que la contrepartie d’un salaire, c’est le travail. En refusant de signer les contrats et de partir rendre service aux Guinéens, ils n’ont aucun droit avec nous. »
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