Un exemplaire du Coran, la direction de la prière et un appel constant à la patience. Ces trois piliers ont marqué les ultimes jours du commandant Aboubacar « Toumba » Diakité à la prison civile de Coyah. Lors du symposium organisé ce vendredi 27 mars 2026, proches et compagnons d’infortune ont levé le voile sur la transformation spirituelle de l’ancien aide de camp, décédé à l’âge de 58 ans. Récit d’une fin de vie placée sous le signe de l’humilité et de la foi.
Avant sa mort, officialisée le 25 mars 2026 par les autorités pénitentiaire, l’ancien aide de camp du président Moussa Dadis Camara purgait une peine de 10 ans d’emprisonnement, liée aux exactions commises au grand stade de Conakry en septembre 2009.
Le commandant Diakité avait été transféré le 10 février dernier de la maison centrale de Conakry à la prison civile de Coyah. Sur place, selon les témoignages recueillis lors du symposium, l’ancien béret rouge a formulé trois principales demandes qui illustrent sa métamorphose intérieure.
« Que demandait-il lorsqu’il est arrivé à Coyah ? La première chose qu’il a demandée, c’était le Coran. Vous voyez que c’était un homme de foi, attaché au Livre saint. Et je sais que là où il ira, ce sera le repos céleste. Aujourd’hui, nous pleurons, mais ceux qui sont auprès de Dieu se réjouissent, car Il accueille les siens », a confié M. Soumaré, un ami proche.
Sa deuxième préoccupation était la prière. « Une fois à Coyah, le commandant était devenu comme un imam. Tous priaient derrière lui. Cela prouve que la grandeur de l’homme ne se limitait pas à la maison centrale de Conakry », poursuit le témoignage, soulignant la capacité de Toumba à inspirer respect et discipline même en détention.
L’ancien aide de camp se distinguait également par sa générosité et sa solidarité envers ses codétenus. « Il soignait, partageait la nourriture et aidait les autres détenus. L’argent n’était rien pour lui. J’en sais quelque chose : j’ai été parmi ses compagnons. Il était reconnaissant et humble », ajoute M. Soumaré, révélant un aspect méconnu de sa personnalité.
Enfin, après avoir demandé le Coran et instauré la prière collective, Toumba exhortait ses compagnons à la patience. « Il a demandé à tout le monde de garder patience, car tout dépend de la volonté de Dieu. À tous ceux qui l’ont aimé, sachez qu’aujourd’hui, il n’est plus de ce monde. Tout ce que nous pouvons faire pour lui, ce sont des prières, afin que la terre de Guinée lui soit légère », conclut l’ami du défunt.
Né le 30 avril 1968 à Conakry, le commandant Aboubacar Diakité s’éteint à 58 ans. Selon les médecins, il a succombé à une hernie de la ligne blanche étranglée, compliquée d’une péritonite aiguë généralisée. Son parcours, marqué par des années de service militaire, une condamnation lourde et une profonde évolution spirituelle en détention, laisse derrière lui l’image d’un homme qui, malgré les épreuves, a trouvé refuge dans la foi, l’humilité et la fraternité.
AMC









