Le Parquet Général près la Cour d’Appel de Conakry a haussé le ton, ce jeudi 4 décembre 2025, face à la multiplication des dénonciations liées à des cas présumés d’enlèvements ou de disparitions attribués aux autorités publiques. Dans une note officielle parvenue à Ledenonciateur224.com, le Procureur Général Fallou Doumbouya a lancé un avertissement ferme, dénonçant des allégations qu’il juge infondées et dangereuses.
Selon le magistrat, ces accusations non étayées « portent atteinte à la dignité des institutions de la République, troublent l’ordre public et participent à une campagne de désinformation dangereuse. » Le Parquet Général pointe particulièrement du doigt certaines plateformes numériques, accusées de relayer des contenus « calomnieux et sans aucune base factuelle », imputant à l’État de graves violations.
La justice affirme traiter tous les dossiers signalés
Pour calmer les inquiétudes et couper court aux spéculations, Fallou Doumbouya assure que toutes les plaintes pour enlèvement ou disparition sont régulièrement prises en charge.
Il rappelle que ces affaires suivent la procédure prévue par le Code de procédure pénale :
- soit devant les services de police judiciaire (articles 9 et suivants),
- soit devant les juridictions compétentes (articles 38 et suivants).
Aucun dossier, insiste-t-il, n’a été ignoré, négligé ou classé sans suite.
Un rappel ferme au cadre légal
Le Parquet Général dit vouloir mettre fin à ce qu’il qualifie d’“impunité numérique”. En invoquant la Constitution et la loi L/2015/010/AN du 04 juin 2015, Fallou Doumbouya souligne que les institutions disposent d’un cadre juridique clair les protégeant contre les attaques en ligne.
Toute personne publiant des propos imputant à une autorité publique des actes criminels s’expose désormais à des poursuites pour :
- calomnie,
- diffamation,
- injure publique,
- outrage,
- propagation de fausses nouvelles.
Le Procureur prévient que ces abus, notamment sur les réseaux sociaux, feront l’objet d’une riposte judiciaire systématique.
Liberté d’expression, mais pas d’impunité
Fallou Doumbouya dit demeurer attaché à la liberté d’expression, qu’il qualifie de droit fondamental. Toutefois, il insiste sur la distinction essentielle entre liberté d’opinion et atteinte aux institutions de la République.
Il appelle chacun à faire preuve de responsabilité, rappelant que :
« La liberté d’expression, garantie par la loi, ne saurait justifier la diffamation ni l’atteinte à la réputation des institutions chargées d’assurer la stabilité, la sécurité et la justice dans notre pays. »
Par cette sortie musclée, le Parquet Général affiche clairement sa volonté de contrer ce qu’il considère comme une campagne de calomnies visant la crédibilité de l’État.










