Invité de l’émission « Les Grosses Têtes », M. Terno Bah, Directeur Général de l’Institut Itinérant de Formation et de Prévention Intégrée contre la Drogue, tire la sonnette d’alarme sur les méfaits des substances psychoactives, notamment la chicha, chez les jeunes guinéens.

Le vendredi 8 août 2025, M. Terno Bah, Directeur Général de l’Institut Itinérant de Formation et de Prévention Intégrée contre la Drogue (IIFPIDCA), était l’invité de l’émission « Les Grosses Têtes » sur Radio Tropical FM. Une intervention marquante au cours de laquelle il a abordé sans détour les dangers de la drogue, et en particulier, la montée inquiétante de la consommation de chicha chez les jeunes.

Créé pour lutter efficacement contre les drogues et autres conduites addictives, l’IIFPIDCA est un établissement public autonome, doté d’une personnalité morale et jouissant d’une autonomie administrative, financière et pédagogique. L’institution œuvre également à la prévention du VIH/SIDA, de la corruption, de la traite des personnes, du trafic d’armes et du blanchiment d’argent.

492 000 morts liées à la drogue : un fléau mondial

En ouverture de son intervention, M. Bah a tenu à rappeler l’ampleur du problème à l’échelle mondiale. Selon lui, « il y a eu 492 000 morts liés à la consommation de la drogue dans le monde », un chiffre alarmant qui reflète la gravité de cette crise sanitaire planétaire.

Chicha : un danger silencieux qui menace la jeunesse guinéenne

Mais c’est surtout sur la chicha, très prisée des jeunes, que le Directeur Général a souhaité insister, en soulignant ses effets nocifs trop souvent ignorés. Dans un langage direct et sans filtre, il a déclaré :« La Chicha c’est une substance qui attire, parce que non seulement elle contient de l’arôme, elle contient de goudron, elle contient d’un liquide bouillant, force d’aspirer. […] La chicha contient des substances nuisibles, toxiques, cancérigènes. Plus de 4 000 substances toxiques. […] Ces substances toxiques sont parraines de plusieurs cancers : cancer de la bouche, de la langue, de la gorge et des poumons. […] Dans 5 ans, c’est-à-dire en 2030, on va avoir plus de décès sur les jeunes suite à la consommation de la chicha. […] Nous n’avons pas de structure adaptée à la prise en charge des cancers. Il faut qu’on le dise. »

Selon une étude menée par l’institut en 2024, 45 % des jeunes fréquentant les boîtes de nuit consomment la chicha, et 15 % supplémentaires sont exposés en tant que consommateurs passifs. Ce constat dramatique fait de la chicha une véritable urgence de santé publique, selon lui.« Ce qu’on peut dire aux jeunes, s’ils veulent, s’ils croient à l’avenir de ce pays, s’ils croient à l’avenir de la Guinée, c’est de s’éloigner des vices, de la consommation de la drogue, de la chicha. Pour qu’on puisse expérimenter demain, avoir des jeunes capables de produire, en bonne santé. »

L’engagement de M. Terno Bah dans la lutte contre la drogue va bien au-delà des discours. Conscient des risques encourus par ceux qui osent affronter les réseaux liés à ce fléau, il affirme :« Vous savez, quand tu es dans la lutte contre la drogue, même ta famille est visée. Mais aujourd’hui, comme on a la volonté politique de lutter contre la drogue, c’est la raison qu’on se promène tranquillement, nous acteurs de lutte contre la drogue, sans escorte. […] Mais ça viendra. »

Malgré les contraintes, il mise sur la discrétion, la collaboration avec les forces de sécurité et la justice, et surtout sur la volonté politique affichée. Il évoque néanmoins un besoin urgent de moyens logistiques, en rappelant :« Nous avons demandé aux institutions de nous aider pour avoir des moyens, des engins roulants. Vous comprenez, pour qu’on puisse sillonner, parce qu’on est itinérant. Itinérant, ça veut dire que nous intervenons sur toute l’étendue du territoire national. »

Par cette intervention médiatique, M. Terno Bah invite toute la société à prendre conscience de l’ampleur du phénomène de la drogue et de ses nouvelles formes d’expression, comme la chicha, auprès des jeunes.

Face à une jeunesse exposée, il est urgent de renforcer les campagnes de sensibilisationd’investir dans des structures de prévention et de prise en charge et surtout, de soutenir les institutions qui œuvrent sur le terrain. La santé et l’avenir des jeunes guinéens en dépendent.

 

 

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