Une erreur de paiement a conduit certains agents à percevoir plus qu’ils ne devaient. L’INS parle de mauvaise foi et envisage des poursuites judiciaires.
Deux semaines après le lancement officiel du 4e Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-4), l’Institut National de la Statistique (INS) annonce un taux d’exécution global de 74 %, malgré quelques perturbations sur le terrain, notamment dans les préfectures de Coyah et de Dubréka.
Dans ces zones, plusieurs agents recenseurs ont accusé l’INS de non-paiement partiel de leurs primes. Mais selon la Direction Générale de l’INS, la vérité serait tout autre.

Dans une interview exclusive accordée au site Ledenonciateur224.com, le Directeur Général de l’INS et coordinateur national du RGPH-4, a livré une version détaillée des faits.« Nous avons formé au total 26 000 agents, à peu près. Pendant la formation, chaque agent avait droit à 280 000 francs guinéens comme prime de transport. Nous avons payé ces primes-là par préfecture… », a expliqué le Directeur Général Dr Makan Doumbouya
Cependant, une erreur technique s’est glissée dans le processus de paiement à Coyah et Dubréka : au lieu de 280 000 GNF, certains agents ont reçu 2 millions de francs guinéens via Orange Money.« Cinq minutes après le virement, des agents honnêtes nous ont alertés. Immédiatement, nous avons contacté Orange et envoyé un message collectif à tous les bénéficiaires via WhatsApp pour qu’ils retournent le trop-perçu », a-t-il précisé.
Sur 1 133 agents concernés, Orange n’a pu récupérer les fonds que sur 233 numéros. D’autres ont retiré ou transféré rapidement l’argent en connaissance de cause, anticipant une récupération automatique.« 35 agents ont accepté de rembourser en espèces après sensibilisation. Les autres ont plaidé pour un remboursement progressif, par défalcation sur leur rémunération », a-t-il indiqué.
Chaque agent concerné devrait rembourser 1.720 mille GNF. Pour certains, cela signifie que la première tranche de paiement, d’un montant de 825 000 GNF, ne leur sera pas versée tant que le trop-perçu n’est pas remboursé.
Face à l’obstination de quelques individus, l’INS n’exclut pas de recourir à la justice.« Il y a des groupuscules mal intentionnés, notamment à Wonkifon (Coyah) et à Tondon (Dubréka), qui ont tenté un chantage en menaçant d’arrêter le travail. Ce sont des cas isolés. Mais ils ont perdu la confiance de leurs collègues, de nous, et du peuple de Guinée », a lancé le coordinateur, visiblement exaspéré.« Ils ne sont pas ambitieux, et mieux, ils s’exposent à des poursuites judiciaires », a-t-il prévenu.
Malgré cet incident, l’INS rassure l’ensemble des agents recenseurs et appelle à la poursuite normale du processus :« Je les invite à la sérénité. L’INS est une institution crédible, qui respecte ses engagements. Chaque agent recevra son dû, conformément au contrat », a conclu le Directeur.
Face à cela, l’INS entend faire preuve de fermeté tout en laissant une porte ouverte au dialogue. La balle est désormais dans le camp des agents concernés, appelés à assumer leurs responsabilités pour éviter des poursuites judiciaires.
Car au-delà des chiffres, c’est la crédibilité même de l’État et la qualité de ses politiques publiques qui sont en jeu.
Aboubacar Moussa Camara
622 42 41 87









