Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) a procédé, ce vendredi 22 mai 2026, à la remise des prix d’excellence aux meilleures enseignantes-chercheures et étudiantes du pays. Organisée à la bibliothèque américaine de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, cette cérémonie a mis à l’honneur le mérite, la persévérance et l’engagement des femmes dans le monde académique et scientifique guinéen.
Présidée par la cheffe de cabinet du département, la Professeure Fatou Touré, au nom de la ministre Dre Diaka Sidibé, la rencontre a mobilisé plusieurs cadres du MESRS, des représentants du ministère de la Femme, Familles et des Solidarités, le rectorat de Sonfonia ainsi qu’un grand nombre d’étudiants et d’universitaires.

Dans son intervention, Bintougbè Diakité Kaba, cheffe du service Genre et Équité du MESRS, a rappelé les efforts entrepris par le département pour renforcer la place des femmes dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.
Elle a notamment évoqué la mise en œuvre d’un ambitieux programme de formation destiné à 250 femmes PHI d’ici 2035, visant à renforcer leurs compétences, encourager leur leadership et favoriser leur autonomisation.
La responsable a également souligné les campagnes de sensibilisation menées contre le harcèlement en milieu universitaire, touchant étudiants, enseignants et personnels académiques. Selon elle, ces initiatives ont permis d’instaurer progressivement une culture de tolérance zéro face aux violences et discriminations dans les espaces universitaires.
« Nous avons procédé à la vulgarisation du document de lutte contre le harcèlement en milieu universitaire, un outil essentiel qui sert aujourd’hui de référence pour la prévention, la gestion et le suivi des cas de harcèlement », a-t-elle déclaré, avant de saluer le partenariat avec l’AFD et Expertise France dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel sur le genre dans l’enseignement supérieur.
« L’égalité est une condition essentielle du développement »

Prenant la parole au nom de la ministre Dre Diaka Sidibé, la Professeure Fatou Touré a livré un discours fort en faveur de l’équité et de l’autonomisation des femmes dans les domaines scientifiques.
« Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer l’excellence, le mérite et la persévérance. Cette cérémonie est le symbole éclatant de la volonté des autorités guinéennes de promouvoir l’équité, le genre et la culture du mérite au sein de notre système éducatif », a-t-elle affirmé.
Elle a insisté sur le fait que l’égalité entre les hommes et les femmes constitue désormais une condition indispensable au développement durable et à la transformation sociale du pays.
Tout en reconnaissant les progrès réalisés ces dernières années, la cheffe de cabinet a déploré la faible représentativité des femmes dans les filières scientifiques, les postes de responsabilités et les instances académiques.
Selon elle, plusieurs facteurs continuent de freiner l’épanouissement du potentiel féminin : les stéréotypes liés aux sciences, l’insuffisance de modèles féminins inspirants, les difficultés d’accès aux ressources et les pesanteurs socioculturelles.
« Aucun pays ne peut atteindre pleinement ses objectifs de développement sans la participation effective des femmes dans les espaces de savoir, de recherche et de décision », a-t-elle soutenu.
La Professeure Fatou Touré a ainsi appelé à des politiques publiques ambitieuses, à un accompagnement renforcé des jeunes filles et à une mobilisation collective afin de créer un environnement où les femmes pourront apprendre, innover, entreprendre et diriger sans discrimination.
Elle a également rappelé que ce prix d’excellence se veut un puissant levier d’encouragement pour susciter davantage de vocations féminines dans les sciences, promouvoir l’innovation et renforcer l’entrepreneuriat féminin.
S’adressant aux lauréates, elle a salué leur rôle de modèles pour les générations futures :
« Vous ne transmettez pas seulement des connaissances. Vous façonnez les compétences de demain et contribuez à faire avancer la recherche scientifique dans notre pays. »
« Ce prix est un appel à continuer de rêver »
Très émue, Adèle Dramou, porte-parole des récipiendaires, a exprimé sa gratitude au nom des lauréates.
Pour elle, cette distinction dépasse la simple reconnaissance individuelle et symbolise avant tout la force du travail, de la résilience et de la solidarité féminine.
« Ce prix n’est pas seulement une reconnaissance de nos accomplissements personnels, mais un témoignage de l’importance de l’engagement, du travail acharné et de la persévérance », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé les nombreux défis auxquels les femmes sont confrontées dans leur parcours académique et professionnel, notamment les préjugés, les sacrifices et les obstacles socioculturels.

Malgré ces difficultés, Adèle Dramou estime que les femmes doivent continuer à croire en leurs capacités et à poursuivre leurs ambitions.
« Ce prix est un message de motivation pour toutes les femmes qui aspirent à aller au-delà de leurs rêves et à poursuivre leurs ambitions », a-t-elle affirmé.
La récipiendaire a également rendu hommage à toutes les femmes qui, à travers le monde, luttent pour l’égalité des chances et l’ouverture de nouvelles opportunités pour les générations futures.
En clôture, elle a adressé ses remerciements au ministère de l’Enseignement supérieur et particulièrement à la ministre Dre Diaka Sidibé pour son engagement constant en faveur de la promotion des femmes dans les milieux universitaire et scientifique.
À travers cette cérémonie, le MESRS réaffirme ainsi sa volonté de faire de l’excellence, de l’équité et de la promotion du leadership féminin des piliers majeurs de la transformation du système éducatif guinéen.
Aboubacar Moussa Camara









