Le président de la République de Guinée a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de la gouvernance numérique en signant le décret D-2026/159/PRG/SGG, un texte qui encadre désormais de manière rigoureuse l’audit, le contrôle et la certification des systèmes d’information liés aux transactions électroniques. À travers cette réforme, les autorités entendent renforcer la cybersécurité, sécuriser les échanges numériques et imposer des standards stricts aux entreprises opérant dans l’écosystème digital guinéen.
Le décret confie à Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) un rôle central dans la supervision du secteur. L’institution est désormais chargée de vérifier, contrôler et certifier la conformité des systèmes d’information utilisés dans les transactions électroniques, aussi bien par les entreprises publiques que privées.
Cette nouvelle réglementation s’applique à un large éventail d’acteurs, notamment les opérateurs économiques, les plateformes numériques, les établissements financiers, les fournisseurs de services électroniques ainsi que les prestataires étrangers proposant leurs services sur le territoire guinéen.
Des audits obligatoires tous les trois ans
Selon l’article 5 du décret, les structures concernées devront se soumettre à un audit de sécurité obligatoire tous les trois ans. Le texte prévoit également des contrôles intermédiaires réguliers ainsi que des audits exceptionnels en cas d’incident majeur susceptible de compromettre la sécurité des systèmes ou la protection des données.
À travers cette disposition, les autorités veulent instaurer une culture permanente de conformité et de prévention des risques numériques dans un contexte marqué par la montée des cybermenaces et la multiplication des transactions dématérialisées.
Le certificat de conformité délivré par l’ARPT devient ainsi une condition essentielle pour exercer légalement certaines activités numériques en Guinée. En cas de défaillance ou de non-respect des exigences techniques et sécuritaires, l’Autorité de régulation pourra suspendre ou retirer ce certificat.
Des sanctions financières particulièrement lourdes
Le décret prévoit également un arsenal répressif dissuasif contre les contrevenants. Les entreprises reconnues non conformes s’exposent à des sanctions financières importantes.
Parmi les mesures prévues figure une astreinte journalière de 50 millions de francs guinéens, pouvant atteindre un plafond de 4,5 milliards GNF. Le texte prévoit aussi des sanctions pécuniaires pouvant aller jusqu’à 3 milliards GNF, avec un doublement des montants en cas de récidive.
Ces dispositions traduisent la volonté des autorités de renforcer la discipline dans le secteur numérique et de contraindre les acteurs à respecter les normes de sécurité imposées par l’État.
Un tournant pour la régulation du numérique en Guinée
Ce décret intervient dans un contexte de digitalisation progressive des services en Guinée, où les transactions électroniques occupent une place de plus en plus importante dans les secteurs bancaire, commercial, administratif et des télécommunications.
En renforçant les mécanismes de contrôle et de certification, le gouvernement ambitionne de protéger les usagers, limiter les risques de fraude, sécuriser les données sensibles et améliorer la confiance dans l’économie numérique.
Avec cette réforme, la Guinée affiche clairement sa volonté de structurer davantage son espace numérique et de se conformer aux exigences internationales en matière de cybersécurité et de gouvernance des systèmes d’information.

 

 

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