Alors qu’il devrait incarner l’espoir d’une insertion professionnelle pour la jeunesse guinéenne, le Fonds National pour l’Insertion des Jeunes (FONIJ) est secoué par de graves dysfonctionnements internes d’après ses agents. Des agents dénoncent une gestion autoritaire, marquée par l’opacité, les mutations punitives et un climat de représailles, compromettant dangereusement la crédibilité et l’efficacité de l’institution.

Voici la déclaration des assistants

<<Par Les Assistants du FONIJ

Le Fonds National pour l’Insertion des Jeunes (FONIJ), censé être un pilier de la politique d’emploi des jeunes en Guinée, traverse une crise interne silencieuse mais alarmante. Derrière la façade des projets et des communications officielles, une gestion marquée par l’opacité, l’arbitraire et les représailles met en péril la mission même de cette institution.

Une « réorganisation » qui ressemble à un bannissement

Le 20 mars 2025, une décision de mutation (N°003/FONIJ/DG/2025) est envoyée à 11 assistants techniques du FONIJ. Tous sont affectés dans l’intérieur du pays, dans des régions et des préfectures sans aucune agence FONIJ existante, à plus forte raison des mesures d’accompagnement.

Ces mutations:

– Ne sont accompagnées d’aucun ordre de mission clair,

– Ne sont précédées d’aucun échange ni entretien professionnel,

– Sont perçues comme des représailles après des revendications internes portant sur les conditions de travail, les inégalités salariales, et le manque de transparence dans la gestion des projets.

Suspension des salaires sans justification

Depuis mars 2025, les assistants concernés ne perçoivent plus leurs salaires.

Leurs contrats n’ont pas été rompus légalement, et aucune décision administrative formelle ne leur a été notifiée.

Cette suspension soulève des questions graves sur le respect du Code du travail et des droits fondamentaux des agents publics contractuels.

Une direction au sommet… et des agents à sec

Le salaire du DG est passé de 13 à 26 millions GNF.

Celui de son Adjoint a suivi la même courbe.

Les Chefs de service ont également vu leurs rémunérations revalorisées.

Des projets officiellement financés dans plusieurs régions restent sans impact réel sur le terrain.

L’Inspection Générale d’État donne du crédit aux accusations

Le 30 juin 2025, une réponse officielle de l’Inspection Générale d’État (IGE), signée par le Vérificateur Général Dr Joseph Togna Doré, est adressée aux plaignants.

L’IGE reconnaît les faits de mauvaise gestion administrative et financière, évoque des mutations abusives, et renvoie le dossier à l’Inspection Générale du Travail.

Silence du ministère, mobilisation du terrain

Les agents concernés ont saisi plusieurs instances: Inspection Générale du Travail, Agence National de Lutte contre la Corruption, CNT, Primature et Présidence.

Ils affirment rester ouverts au dialogue, mais refusent d’accepter l’injustice comme norme.

Le FONIJ, laboratoire d’avenir ou miroir de dérives ?

Comment une institution chargée de l’insertion peut-elle justifier d’écarter ses propres agents pour avoir défendu le respect des règles ?

Les jeunes mutés demandent des missions réelles, un cadre de travail légal, et le respect de leur contrat.

« Ce n’est pas une rébellion. C’est un combat pour la dignité. »

« Nous ne cherchons pas le chaos. Nous ne dénonçons pas pour nuire.

Nous voulons simplement que la loi soit appliquée.

<Que le FONIJ redevienne un outil au service de la jeunesse, pas un instrument de punition et de propagande. >>>

L’Inspection Général du Travail passe à l’action

Ce mercredi 16 juillet 2025, l’Inspection Générale du travail à émis une convocation officielle à la direction du FONIJ, demande des explications au Directeur Général sur les mutations abusives, la suspension des salaires et la gestion contestée de l’institution.

Le Directeur Général se présentera-t-il pour répondre à ces accusations et faire la lumière sur cette crise interne ?

Les Assistants du FONIJ