Après deux jours d’échanges riches et constructifs à Conakry, le Forum national de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) a officiellement pris fin ce mardi 8 juillet 2025. Organisé en partenariat avec l’AGRASC-France, cet événement de haut niveau avait pour objectif de renforcer les capacités nationales en matière de gestion des avoirs issus d’activités criminelles, un levier stratégique dans la lutte contre le crime organisé.
La cérémonie de clôture, présidée par le chef de cabinet du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, a été marquée par une série d’interventions fortes, soulignant l’importance de la coopération internationale dans ce domaine sensible.

Sylva Marchelli, sous-directrice générale de l’AGRASC-France, a tenu à exprimer toute sa reconnaissance pour l’accueil guinéen et la qualité des échanges :« Au nom de l’AGRASC-France, au nom de madame la directrice générale de l’AGRASC-France, Vanessa Perret, je tenais à vous remercier chaleureusement de votre accueil ilimitable au sein de la Guinée, au sein de votre enceinte judiciaire, pour y avoir passé deux jours très, très enrichissants… »
Elle a mis en lumière la richesse des discussions, la complémentarité des expériences, et surtout l’enjeu commun de frapper les délinquants au portefeuille :« …nous sommes tous ici réunis depuis deux jours pour évoquer l’atteinte qu’on peut porter aux délinquants en touchant à leur portefeuille au-delà des peines d’emprisonnement et des peines d’amende, et je finirai sur la devise de l’AGRASC-France, qui deviendra peut-être la devise de l’AGRASC-Guinée : le « crime ne doit pas payer ». »
Une agence guinéenne en pleine montée en puissance
De son côté, Alpha Seny Camara, directeur général de l’AGRASC Guinée, a exprimé son enthousiasme et sa volonté d’apprendre, dans un esprit de collaboration :« Je tiens à remercier chacun de vous pour votre contribution à la réussite de ce forum. […] En tant que magistrat, j’ai acquis une certaine expérience, mais en tant que directeur général de cette jeune agence, c’est une nouvelle école que je fréquente. Et j’ai besoin de vous tous comme enseignants et accompagnateurs. »
Ce forum a en effet permis à l’agence guinéenne de capitaliser sur l’expérience de sa consœur française, forte de 15 ans d’existence, et d’envisager des pistes concrètes pour adapter les bonnes pratiques à la réalité locale.
Prenant la parole au nom du Garde des Sceaux, Billy 1 Keita, chef de cabinet du Ministère de la Justice, a salué la pertinence des thèmes abordés et encouragé une collaboration plus étroite entre les juridictions et l’AGRASC :« Les thèmes développés ici permettront aux magistrats de mieux collaborer avec l’agence, d’utiliser efficacement les outils disponibles et de renforcer les liens avec les juridictions. […] Nous invitons l’agence à tirer pleinement profit de cette expérience et à travailler en harmonie avec les chefs de juridictions et du parquet, qui sont disposés à coopérer. »
En misant sur la coopération, la transparence et le renforcement des compétences techniques, ce forum marque une étape décisive pour l’AGRASC Guinée. La convergence entre savoir-faire local et expertise internationale ouvre la voie à une meilleure traçabilité des avoirs criminels et à une gestion plus rigoureuse des biens saisis ou confisqués.
La Guinée envoie ainsi un message fort : la lutte contre la criminalité économique et le blanchiment d’argent ne se limite plus aux peines d’emprisonnement, mais s’attaque désormais au nerf de la guerre – l’argent.
Et désormais, une chose est claire : le crime ne doit plus jamais payer.
N’sira Sylla









