La justice guinéenne poursuit sa lutte contre la fraude aux examens nationaux. À Kindia, le Tribunal de première instance a condamné sept candidats au baccalauréat, dont trois jeunes filles, à un mois de prison ferme après les avoir reconnus coupables de fraude lors des épreuves.
Parmi les personnes condamnées figure également une nourrice, dont la situation a suscité une vive émotion au cours de l’audience. Malgré les réactions provoquées par son cas, le tribunal a maintenu sa décision, estimant que les faits reprochés étaient suffisamment établis.
Selon le procureur près le Tribunal de première instance de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, les mis en cause ont été interpellés après avoir été surpris en flagrant délit de tricherie dans différents centres d’examen.
« Ces élèves ont été entendus sur les faits de fraude dans les examens et concours. Le dossier a été référé et je les ai fait passer sur-le-champ pour qu’ils soient jugés. Finalement, le tribunal a condamné chacun d’eux à un mois d’emprisonnement. Actuellement, ils sont en train de purger leur peine à la maison d’arrêt de Kindia », a expliqué le magistrat.
Le procureur précise que les candidats avaient recours à plusieurs procédés pour tenter de contourner les règles de l’examen. Certains avaient introduit clandestinement des documents de cours dans les salles, tandis que d’autres échangeaient des réponses pendant les épreuves.
« Certains d’entre eux ont fait entrer des documents pour copier et d’autres trichaient entre eux dans la salle. Ils avaient échappé aux contrôles à l’entrée, mais ils ont été rattrapés par les surveillants. Non seulement le bac 2026 est terminé pour eux, mais ils ont aussi été jugés et condamnés », a-t-il ajouté.
Le chef du parquet révèle également que certains candidats avaient dissimulé les documents frauduleux dans leurs sous-vêtements afin d’échapper aux fouilles effectuées à l’entrée des centres d’examen. Une stratégie qui n’a finalement pas empêché leur interpellation au cours des épreuves.
Pour Mamadou Bhoye Diallo, cette décision judiciaire s’inscrit pleinement dans la politique de tolérance zéro engagée par les autorités guinéennes contre la fraude scolaire.
« L’État organise les examens et fournit beaucoup d’efforts pour leur bonne tenue. Il veut des diplômés qui réussissent dans les règles de l’art, pas des candidats qui copient pour obtenir un diplôme », a insisté le procureur.
Le magistrat rappelle que la peine infligée aux sept candidats correspond au minimum prévu par la loi.
« La loi prévoit une peine allant d’un mois à trois ans d’emprisonnement. Le président du tribunal a choisi le minimum. Il pouvait prononcer un an ou deux ans. Cette peine d’un mois est déjà une mesure de dissuasion. Le tribunal a même fait preuve de clémence », a-t-il souligné.
Au-delà de la sanction, le parquet entend faire de cette condamnation un avertissement à l’endroit des futurs candidats aux examens nationaux.
« Cette décision doit servir d’exemple aux candidats des prochains examens. À Kindia, nous nous inscrivons dans la même logique que le ministère de l’Enseignement : tolérance zéro. Toute personne surprise en train de frauder sera traduite devant la justice et jugée conformément à la loi », a prévenu Mamadou Bhoye Diallo.
Enfin, le procureur a lancé un appel aux parents d’élèves, les invitant à accompagner davantage leurs enfants dans leur préparation scolaire plutôt que de les laisser céder à la tentation de la fraude.
« Les parents doivent apporter leur grain de sel en aidant leurs enfants à étudier et à réviser. Pour ce cas précis, les fraudeurs avaient échappé au contrôle à l’entrée. Certains avaient même dissimulé leurs documents dans leurs caleçons avant d’être finalement rattrapés dans la salle », a-t-il conclu.
Mazid Camara









