Une page majeure de l’histoire contemporaine de la Guinée vient de se refermer. Hadja Andrée Touré, veuve du premier président de la République, Ahmed Sékou Touré, est décédée ce mercredi 8 juillet 2026 au Maroc, à l’âge de 92 ans. Elle y séjournait depuis plusieurs semaines pour y recevoir des soins médicaux. La triste nouvelle a été confirmée par des sources proches de sa famille.
Née Andrée Kourouma en 1934 à Macenta, Hadja Andrée Touré restera l’une des figures les plus emblématiques de l’histoire politique guinéenne. Épouse d’Ahmed Sékou Touré depuis juin 1953, elle a accompagné celui qui conduisit la Guinée à l’indépendance et devint, le 2 octobre 1958, la première Première dame de la République. Durant plus de vingt-cinq ans, jusqu’au décès de son époux en mars 1984, elle a exercé cette fonction avec discrétion, élégance et un engagement constant aux côtés des institutions de l’État.
Après la disparition d’Ahmed Sékou Touré et le changement de régime intervenu en avril 1984, son destin prend un tournant dramatique. Arrêtée sous le régime du Comité militaire de redressement national (CMRN), elle est condamnée aux travaux forcés avant d’être libérée à la fin des années 1980. Malgré ces épreuves, elle demeurera une personnalité respectée, incarnant à la fois la mémoire d’une époque et la résilience face aux vicissitudes de l’histoire.
En septembre 2021, dans un geste hautement symbolique, les autorités de la transition dirigées par le général Mamadi Doumbouya lui avaient officiellement restitué les clés de la Case de Bellevue, résidence historique de la famille Sékou Touré, marquant ainsi une volonté de réconciliation avec une partie de l’histoire nationale.
Avec la disparition de Hadja Andrée Touré, la Guinée perd bien plus qu’une ancienne Première dame. Elle voit s’éteindre l’un des derniers grands témoins de la lutte pour l’indépendance, de la naissance de l’État guinéen et des premières décennies de son édification. Son parcours, marqué par les honneurs du pouvoir comme par les épreuves de l’après-1984, restera profondément inscrit dans la mémoire collective.
À ce stade, aucune date officielle n’a encore été annoncée concernant le rapatriement de sa dépouille vers Conakry ni les modalités des obsèques. En attendant, les hommages affluent déjà de la classe politique, de nombreuses personnalités et de citoyens, saluant la mémoire d’une femme qui aura traversé les grandes heures de l’histoire de la Guinée.
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