Près de  3000 ouvriers de la société Arabian Construction Co (ACC), en charge de la construction des logements sociaux à Koloma, ont cessé leurs activités pour protester contre des conditions de travail jugées inacceptables. Cette action, loin d’être isolée, survient après plusieurs mois de frustration grandissante face à des salaires dérisoires et des promesses non tenues.

Les travailleurs, issus de différentes catégories professionnelles, ont exprimé leur colère à travers des slogans tels que : « Le travail est trop, le gain est peu », et « A bas la sous-traitance ». En effet, ces ouvriers affirment que la sous-traitance est la principale cause de leur précarité. Ils dénoncent les entreprises partenaires (ARE, ITRAGEC et GTI) qui gèrent une grande partie de leurs contrats, avec des salaires variant entre 60 000 et 75 000 GNF par jour, bien en deçà des attentes.

Kerfala Bangoura, représentant syndical des travailleurs, a mis en lumière des promesses non respectées, notamment en ce qui concerne les salaires et les conditions de travail. « Les dirigeants nous ont promis des salaires de 150 000 GNF pour les ouvriers qualifiés et 100 000 GNF pour les manœuvres par jour, mais nous n’avons rien reçu de tout cela. De plus, on nous avait assuré une couverture sanitaire et une prise en charge des repas, mais cela ne s’est jamais concrétisé », a-t-il déploré.

Le syndicaliste a également pointé du doigt l’attitude de la société ACC, qui, selon lui, a ignoré les engagements pris par le président Mamadi Doumbouya pour améliorer les conditions des travailleurs guinéens. Face à cette situation, les ouvriers ont décidé de suspendre toutes les activités sur le chantier jusqu’à ce que leurs droits soient rétablis. « Nous demandons au président Doumbouya de renégocier le contrat ou de confier le projet à une autre société qui respectera nos droits », a ajouté Bangoura.

 

Cette grève, qui pourrait entraîner des retards dans la livraison des logements, met en lumière les tensions croissantes entre les travailleurs, les sous-traitants et les autorités, appelées à intervenir pour résoudre ce conflit.

Aboubacar Moussa Camara

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