Des inondations à répétition, des pertes humaines, et une agence météorologique qui tire la sonnette d’alarme face à des moyens insuffisants
La République de Guinée traverse une année 2025 marquée par des précipitations d’une intensité exceptionnelle. Les inondations récurrentes, qui frappent le pays depuis le début de l’année, ont causé des pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables, affectant de nombreuses localités et paralysant les infrastructures.
Selon les données provisoires de l’Agence Nationale de la Météorologie de Guinée, le volume des précipitations enregistrées jusqu’à fin juillet frôle un record historique.« Nous n’avons pas totalement comptabilisé le tout mais il y a eu 1967,4 mm d’eau tombée de janvier à juillet », a déclaré M. René Tato Loua, directeur général de l’agence.
Cette intensité exceptionnelle des pluies, combinée à une urbanisation anarchique et à un déficit d’entretien des canalisations, aggrave le risque d’inondations, comme en témoignent les drames humains enregistrés ces dernières semaines à Conakry et dans d’autres régions du pays.
Mais au-delà du constat climatique, c’est aussi un cri d’alerte institutionnel que lance le patron de la météo nationale. Lors d’une prise de parole publique dans l’émission les « Grosses Têtes de la radio Tropical FM », M. René Tato Loua a saisi l’occasion pour interpeller directement les plus hautes autorités de l’État.« Nous remercions le président de la République d’avoir porté confiance en nous. Je sais qu’il n’est pas encore informé de la situation de notre service. Nous avons assez de difficultés de financement, d’équipements et de personnel. Nous avons pleins de projets de prévention mais sincèrement, tout est bloqué », a-t-il plaidé, à l’attention du général Mamadi Doumbouya.
Ces déclarations révèlent un malaise profond au sein d’un service pourtant crucial à l’ère du dérèglement climatique. Alors que les alertes météorologiques précoces pourraient sauver des vies, l’agence semble sous-équipée pour remplir pleinement sa mission de prévention et d’anticipation des catastrophes naturelles.
Face à cette situation préoccupante, la mobilisation des autorités devient urgente. La saison des pluies étant loin d’être terminée, chaque jour de retard dans le renforcement des capacités techniques et humaines de l’Agence pourrait coûter cher à la nation.
Aboubacar Moussa Camara
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