C’est une nouvelle procédure qui vient alourdir un climat déjà tendu autour du secteur minier guinéen. Le 16 mars 2026, selon le site mosaiqueguinee.com, la société émirienne Falcon Energy Materials a décidé d’engager une action contre Conakry devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), le tribunal arbitral rattaché à la Banque mondiale et basé à Washington.
L’entreprise, spécialisée dans l’exploitation de ressources minières stratégiques, réclame 100 millions de dollars à l’État guinéen. Elle accuse les autorités d’avoir procédé à une « expropriation illégale » de son projet de graphite situé à la frontière avec le Liberia — une zone considérée comme prometteuse pour ce minerai essentiel notamment dans la fabrication de batteries.
Cette nouvelle affaire s’inscrit dans une série de contentieux récents opposant la Guinée à plusieurs investisseurs étrangers. En l’espace de quelques mois, il s’agit déjà de la troisième procédure d’envergure. Avant Falcon Energy Materials, Axis Minerals — filiale d’un groupe indien — avait engagé une action spectaculaire en réclamant jusqu’à 28 milliards de dollars, un montant qui illustre l’ampleur des enjeux. De son côté, la société émirienne Nimba Investment conteste également la décision des autorités guinéennes de retirer certains permis miniers.
Ces différends trouvent leur origine dans une politique de reprise en main du secteur minier par l’État guinéen. Les autorités ont multiplié ces derniers mois les retraits de licences, invoquant le non-respect des engagements contractuels par certaines entreprises, notamment en matière d’exploitation effective des sites ou d’investissements promis.
Face aux critiques, le gouvernement campe sur sa position. Interrogé par RFI, le ministre guinéen des Mines a tenu à rappeler que « tous les retraits de titres miniers ont été faits conformément au code minier et aux conventions en vigueur ». Une ligne de défense qui met en avant la souveraineté de l’État dans la gestion de ses ressources naturelles, tout en cherchant à rassurer sur le respect du cadre légal.
Au-delà des procédures en cours, ces litiges soulèvent des questions plus larges sur l’attractivité du climat des affaires en Guinée. Pays riche en ressources minières — notamment en bauxite, fer et désormais graphite — la Guinée se trouve à un tournant : concilier contrôle accru de ses richesses et maintien de la confiance des investisseurs internationaux.

L’issue de ces arbitrages devant le Cirdi pourrait ainsi avoir des répercussions majeures, non seulement sur les finances publiques, mais aussi sur l’image du pays auprès des acteurs du secteur extractif mondial.

 

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