À la Primature de la République de Guinée, une cérémonie stratégique a marqué un tournant majeur dans la gouvernance territoriale du pays. Autour du Premier ministre Amadou Oury Bah, les membres du Gouvernement, les partenaires techniques et financiers, le Conseil national de la transition (CNT) ainsi que le patronat unifié ont assisté à l’installation officielle du Comité de pilotage chargé d’élaborer les Schémas régionaux d’aménagement et de développement (SRAD).
Pensés par l’État guinéen, les SRAD ambitionnent de devenir le nouveau socle stratégique de la planification territoriale. Leur objectif est clair : optimiser l’utilisation des ressources nationales, corriger les déséquilibres entre les régions et favoriser une croissance harmonieuse, durable et inclusive.
La dernière architecture territoriale de la République de Guinée remonte à plusieurs décennies. Depuis, le pays a connu de profondes mutations démographiques, économiques et urbaines. Urbanisation accélérée, pression sur les infrastructures, déséquilibres régionaux et défis environnementaux rendent aujourd’hui indispensable une refonte globale et cohérente de l’organisation spatiale.
Le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, a insisté sur la nécessité d’assurer la cohérence entre infrastructures, programmes sectoriels et flux d’investissements. Les futurs schémas devront s’aligner pleinement sur les orientations nationales de transformation et intégrer les impératifs du développement durable.
Au-delà d’un simple cadre technique, les SRAD incarnent une vision : celle d’un État qui anticipe, planifie et structure son développement à long terme. Ils s’appuieront notamment sur les données consolidées du Recensement général de la population et de l’habitat, afin d’ancrer les décisions dans des réalités objectives et mesurables.
Dans un environnement sous-régional marqué par des pressions sécuritaires et des fragilités socio-économiques, le Premier ministre a souligné l’importance stratégique de cette réforme. Selon lui, l’absence d’anticipation dans l’organisation de l’espace peut générer frustrations et tensions.
Les SRAD ont ainsi vocation à devenir l’outil central d’orientation territoriale des politiques publiques. L’ambition est de rompre avec l’improvisation et la juxtaposition d’initiatives isolées, pour instaurer une vision structurée, équitable et tournée vers l’avenir.
L’installation du Comité de pilotage ne constitue donc pas un simple acte administratif. Elle marque le début d’une transformation profonde : celle d’une République qui repense son territoire pour mieux préparer son avenir.
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